dimanche 7 août 2011

UN BEAU MAILLOT !


CYCLISME SUR ROUTE

PODIUM À LANGEAC (HAUTE-LOIRE)
ET UN TITRE DE CHAMPION DE FRANCE DES JOURNALISTES (UJSF)




LE PODIUM DES CHAMPIONNATS DE FRANCE DES JOURNALISTES CYCLISTES (MOINS DE CINQUANTE ANS)
1- JEAN-LUC GANTNER (FRANCE TV)
2- PHILIPPE TRIAS (LE PROGRÈS)
3- CHRISTOPHE DARNE (L'ÉVEIL)


J'étais un peu venu, l'histoire de faire plaisir à mon père qui "avait fait le métier" dans son temps, comme une dédicace spéciale à mon paternel et puis voilà tout. Mais l’aventure commence à me coûter cher en champagne et en vins fins de toutes sortes. Une montagne de SMS et de messages de félicitations qui arrivent d’un peu partout. Le résultat… d’un maillot tricolore enfilé ce samedi 6 aout 2011 à Langeac (Haute-Loire) sur le podium des « Championnats de France cycliste sur route des journalistes ». Si ! Comme je vous le dis ! Un championnat de France... (tout ce qu’il y a de plus sérieux, dit-on…) des journalistes « cyclistes ». C’est-à-dire le genre de gratte-papiers, d’animateurs télé encartés ou de « paparazzis » qui calculent leur vitesse de déplacement dans l’air de l’information internationale en braquets... et leur vague à l’âme à propos d’un monde déglingué, en nombre de tours de roues par minute… Des « forçats » de la ligne rédactionnelle détournée en course au maillot tricolore…




Un coup à jouer en trois bandes gagnantes Bleu, blanc, rouge sous l’égide de l’UJSF (Union des journalistes de sport en France). Une épreuve de force de réussir à faire pédaler un tas de journaux dans le même sens avec tout le fair play qui s’impose en pareille circonstance d’une lutte sans merci pour tenter de faire figurer le nom de sa boite et le sien avec au tableau d’honneur. Un maillot de champion de France, une médaille d’or et… la marseillaise, jouée par la fanfare de Langeac en personne cette année. Autant dire : la valise, sa poignée, et l’étiquette de voyage collée dessus… Un public, auvergnat, mais large pour ce qui est d’encourager le client à la dépense physique sur le parcours. Des fans sur la ligne d’arrivée pour couvrir les cris de rage dans le sprint final. Une véritable « émeute » de groupies venues tout exprès pour soutenir leurs « champions » préférés… Philippe Trias du journal « Le Progrès » et ce Néon™ de cycliste à ses heures et reporter à France télé le reste du parcours de l’horloge. Philippe Trias™, le responsable de tout ce qui est advenu cette fameuse journée du 6 aout. Une date ! Car c’est bien la faute de ce jurassien de cœur et son Trek Madone™ (la monture des frères Schleck™ prise en défaut cette année sur le tour de France par le BMC™ de Monsieur Cadel Evans…) si on en est arrivés là. Des heures d’entraînement certes ! Mais cette idée de participer à cette épreuve nationale venait entièrement de lui. Je le jure sur la tête de Jean-Marie Baverel et de sa caméra qui filme entre les rayons pour passer inaperçu dans les allées des supermarchés. Un caméraman féru de vélo qui est aussi pour quelque chose dans ce programme de récompenses estivales totalement impromptues.



AVANT LE DÉPART AVEC PHILIPPE TRIAS


Au final, moins de deux heures de course pour en finir d’une somme d’efforts terribles dans les bosses auvergnates. Des volcans sous les cales… de quoi mettre le feu dans le peloton. Un petit groupe lancé à toute berzingue dés les premiers échanges de politesses. Pas même le temps de dire bonjour à tout le monde, et encore moins celui de contempler le paysage. Des forêts sauvages sur les rives de l’Allier. Un tas de types la tête rentrée dans des cuisseaux bandés, larges comme des semi-remorques. Les premières minutes de course sur un de ces faux plats réservés à des « rouleurs » aguerris. Une course de camions, où Philippe et moi ne pesons pas bien lourd. Mais la course sur route est une épreuve tactique où rien ne se joue jamais définitivement sur un coup de « biceps » décroché prématurément. Et comme dit la fable depuis la poésie grecque à laquelle elle fut empruntée : Rien ne sert de courir…


DANS LA BOSSE DE 12KM


Quelques kilomètres plus tard, et au bout de quelques dénivelés bien placés, les costauds et leur réputation finiraient bien par plier sous la charge de leur ambition. Une collision fatale entre les facteurs naturels d’inertie et l’impitoyable administration des fardeaux… Un gouvernement favorable aux grimpeurs, élu pour une petite quinzaine de kilomètres et sans aucune combine parlementaire possible. Le supplice démocratique sous sa forme la plus radicale. Monte et tais toi. « La culture pour tous » aurait dit Malraux et pour rester un moment sur le terrain politique, mais de la culture physique. Une vraie « chienlit » pour les gros bras !



QUELQUES MINUTES APRÈS LE PASSAGE DE LA LIGNE D'ARRIVÉE


Au tiers de la bosse, ils ne sont plus que six au-dessus de nous en position probable de réussir à mener l’opération d’un bastringue dantesque prévu sur le plateau sommital. Une montée « de Varennes » (ça ne s’invente pas !) construite sur le papier comme la possibilité d’une fuite décisive en vue de la victoire finale. L’accident de terrain à négocier au plus juste avant que le tocsin ne résonne enfin, 500 mètres plus haut, au profit du plus combatif du jour. Un plan d’évasion trafiqué dès le départ par deux complices de la première heure à qui on ne fait pas l’histoire, et collés aux basques par un genre de Lafayette finalement pris au dépourvu « empêtré » au lendemain des événements du 20 juin 1791 (Ce général, héros français de l’indépendance américaine, né dans ce pays de Haute-Loire justement ! et qui avait tenté de couvrir la fuite du roi par un de ces procédés tarabiscotés auquel personne ne crut jamais.) Pour vous dire aussi l’histoire… ou le genre d’histoires qu’on finit par se raconter sur un vélo, dans les pires hauteurs d’Auvergne et à quelques distances du mystérieux Gévaudan. Une sorte de Marquis… qui ne sait plus très bien à mi parcours avec qui continuer de chasser l’horrible bête, ni quelle bête immonde il lui revenait exactement de traquer dans le scénario prévu, pour ne pas succomber lui même sous ses propres crocs.


LA CHEMISE POUR LA CÉRÉMONIE

Cinq concurrents encore devant… dont un coureur de tout juste vingt cinq ans, maintenant en ligne de mire dans les derniers lacets. Cette idée idiote, oui, je l’avoue… de vouloir lui nouer sa paire de chaussures avec, pour en finir plus vite avec son envie de se battre jusqu’au bout dans ma roue. Encore 1 kilomètre avant le fameux tocsin… et ce dernier naufragé repris dans la tempête qui fait désormais rage à plus de mille mètres d’altitude sur une route dorénavant changée en montagne russe balayée par le vent.



SUR LE PODIUM DES CHAMPIONNATS DE FRANCE USJSF

LA MÉDAILLE !

JLG, PHILIPPE, ELVIS
APRÈS L'EFFORT...

Voilà le morceau de choix de la journée ingéré et la perspective alors, d’une forte honorable quatrième place à la clé si rien ne tourne mal entre temps. Car l’attraction comporte encore quelques fameux décors à absorber, en commençant par ce promontoire en forme de plateau de « Ferrussac » défiguré par des bourrasques surnaturelles. Des trombes d’eau lancées à toute blinde et qui dévaleront bientôt les pentes terminales pour amuser le public téméraire ou un peu sadique aussi… attardé dans les dernières épingles à cheveux. Quatrième… mais cette sorte de hussard d’origine champenoise qui me précède maintenant d’un peu moins d’un quart de lieue, va me servir de frère d’armes pour accompagner cette dernière chevauchée. Trois cents mètres de montée, puis la même distance en descente, puis trois cents mètres de montées, puis… Le même supplice chinois qui se répète pendant une vingtaine de minutes d’une lutte interminable contre cette sorte de Mistral glacial débarqué de je ne sais quelle direction contradictoire avec son origine supposée. Un duo de circonstance, providentiel, qui nous mène relai après relai et de plus en plus rapidement jusqu’à la ligne d’arbitrage à Langeac. Quatrième... et pourquoi pas "troisième" du classement général de l'épreuve sur la centaine d'engagés au départ et la trentaine de journalistes ?!... Deux cents mètres à peine pour en causer au sprint, la roue de mon confrère dans la mienne, l’ensemble de la ferraille et des boyaux, encastré dans les grilles du couloir de ralentissement alors que le speaker prononce dans mon dos un nom que je connais à la perfection depuis plus de quarante cinq ans… Voilà l’histoire d’un maillot tricolore des journalistes cyclistes "de moins de cinquante ans"... enfilé à Langeac, département de la Haute Loire, ce samedi 6 aout 2011... Et tout le poids qu’on m’a confié sur les épaules de faire honneur au métier avec un beau maillot bleu blanc rouge comme ça et une médaille en or accrochée par-dessus.
JLG 6/08/2011


DES MESSAGES SUR FACEBOOK !

ET D'AUTRES ENCORE...





jeudi 21 juillet 2011

LE SPRINT DE SISYPHE


LE SPRINT DÉCISIF


Bon, je sais… d’aucuns diront encore que je parle beaucoup trop de sport ces temps ci. D’activité physique en général au lieu d’une transcription de l’âme à laquelle nous nous étions forcément un peu habitués dans ces colonnes de verbiage entre nous. De sport ou plutôt, d’une sorte d’hymne à l’effort considérable. De ce calvaire d’un travail d’endurance répété chaque jour sur la route et allez donc bien savoir pourquoi ?! De cette activité de « forçats » accumulée au fil des semaines et depuis des années dans le but imprécis de parfaire un entraînement de compétition. Du sport… ou cette drôle d’idée peut-être, d’essayer de repousser les limites de notre mystérieuse condition d’être humain sur terre. Du sport ou quelque chose comme « la possibilité d’une île »… aurait dit Houellebeck. L’auteur des « particules » dont je viens de terminer le Goncourt 2010 « La carte et le territoire » avec un peu de décalage horaire pour cause… d’entraînement justement. L’entraînement… Où l’on pourrait convoquer d’emblée ce « Sisyphe » roulant son rocher sous la plume d’Homère. Mais « il faut imaginer Sisyphe heureux » disait aussi Camus.



Ottavio Bottechia / Tour de France 1924


Heureux comme un cycliste dans l’eau de cette fin de mois de juillet un peu moche, et cramponné derrière des collègues de vingt ans de moins que lui sur des distances et à des vitesses insensées. Mais bon, comprenez par là que je chéri depuis toujours ce vieux Nietzche en cette formule admirable qu’il consacre au bonheur : « Ce sentiment d’une résistance en voie d’être surmontée » (L’antéchrist). Ce frein sordide, ce mode d’obstruction mécanique lorsque la route s’élève en même temps que les vents contraires… et ce réflexe « absurde » de jeter toutes ses forces dans la bataille de cette compétition dantesque. Un réflexe « absurde », mais je vous parlais bien de Camus juste avant. De Camus ou de Schopenhauer par l’engrenage d’un prix littéraire à son comble s’agissant de cette matière philosophique. Le vélo ou le truc d’en chier vraiment avec le sentiment du devoir accompli. Un truc « chrétien » gouailleront certains. Un machin de « forçat » avait écrit Londres lorsqu’il suivit pour le Parisien l’incroyable épopée d’Ottavio Bottecchia sur le tour de France 1924. Un véritable tour de l’hexagone en quinze étapes de trois cent à quatre cent kilomètres chacune, soit plus de 5000 kilomètres au total et « sur la plaque » comme on dit aujourd’hui (un développement de fou pour espérer franchir l’étape du Galibier sans poser le pied par terre). Tout ça pour vous dire que j’ai donc décidé de terminer cette séquence d’une mise en « quarantaine » un peu contrainte sur le chemin inéluctable du temps qui passe… par le dispositif d’un entraînement de corps d’élite. Ce truc, oui, un peu « nietzschéen » du dépassement de soi, pour continuer de prendre les virages à la corde au lieu d’essayer d’écraser la pédale de frein sur le dos du peloton.



Un masque de souffrance physique bien planté au sommet du maillot à pois plutôt que cette figure d’un monde auquel je ne comprends décidément plus grand-chose. Au hasard, cette image d’un retour de cadavres d’Afghanistan, imposée récemment à la nation sous la forme d’une mise en scène télévisuelle pompeuse et au final quelque peu indécente en comparaison de la multitude de drames humains qui persistent dans les ombres du monde. Cette question « surréaliste » posée par une journaliste pour introduire son sujet imposé. Une présentatrice vedette qui se demande face au prompteur et droit dans ses bottes, en l’occurrence Marie Drucker, quel sentiment, de « l’individualisme ou du nationalisme » inspire le mieux aujourd’hui les français face à l’épaisseur du trait symbolique qu’on voudrait leur prescrire ?!... Une forme d’expression « journalistique » excluant par conséquent toute facture intellectuelle intermédiaire. Un de ces journalismes sans nuance qui fait toute la beauté du métier. Un journalisme binaire véritablement émouvant sur le service public, pris en tenaille entre le procédé de l’auto-information smartphonisée promu à tout va, et les numéros corporels de bimbos de l’info qui raflent ce qu’il reste de parts de marchés sur nos écrans passés de mode ! « Un sacré numéro ! » aurait sûrement dit Thierry Adam (le causeur dans le poste en chef du Tour de France Le Cantador du micro, le Thomas Voeckler de l’analyse des fins de courses sur le plat les jours de grandes échappées qui n’arriveront pas au bout à moins qu’elles ne réussissent quand même devant le peloton qui n’a jamais vraiment mis en marche et on se demande bien pourquoi ?) Une présentatrice de télévision… On croit rêver ?!... Et pourquoi pas embaucher les restes de Jean-Paul Sartre pour faire le guide dans le Marais Poitevin ou recruter Robert Murdoch pour s’occuper de la famine et de la guerre dans la corne de l’Afrique (près de 2 millions de morts en moins de 20 ans « sans qu’on en fasse toute une cérémonie… ») Les « événements » en Somalie… Le sujet placé à une distance respectable de la tête de gondole du journal ce jour-là. Parce qu’il faudrait pas non plus tout mélanger. Pour tout dire, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à sortir complètement d’un « Job » gratté dans le marbre le plus brillant qui soit par le rédacteur inspiré de « La république des livres » cet hiver… oui, j’avoue en être resté au résultat de ce travail considérable d’un écrivain penché sur les hystéries du monde et ses douleurs intérieures. Pierre Assouline après Camus plutôt qu’un journal de télévision, et je vous prie de bien vouloir m’excuser ! Le biographe transformé en passager d’un drame en vers, unique et qui nous vient d’on ne sais où exactement ; une « Odyssée » hors concours qui agite le monde sensible et les arcanes intelligibles depuis des lustres.

Des étrangers percent des ravins
En des lieux non fréquentés
Et ils oscillent, suspendus, loin des humains.
(Job, XXVIII)

Où ce « Job »-là est rattrapé par le sort d’un Sisyphe bien sûr… Où tout se rejoint dans l’absurde condition humaine qui nous afflige. Sisyphe et Job en ce chaos… Mais a t-on déjà vu un jour un Job heureux ?!...

Qui disait déjà : « Comprenez bien que jamais cette sorte d’accumulation d’informations ne produira la moindre étincelle d’intelligence, mais juste une certaine forme tragique d’un dégoût de soi-même »… Quelque sociologue de passage et vite oublié, comme le temps passe et comme tout file aussi. Cette accélération constante de l’air ambiant et la course affligeante d’un tas d’électrons libres au cœur de nos orbites tout tracés. Une somme de courants considérables qui continuent heureusement de les transporter. Alors voilà, et n’allez pas dire que vous n’étiez pas prévenu si toutefois vous n’avez pas les jambes pour espérer rivaliser avec les meilleurs dans le sprint final. Vous souhaitant un bon repos à tous cet été.
NÉON™


dimanche 29 mai 2011

SERGENT /9 JUIN 2011



Jean-Pierre Sergent signera son catalogue « Mayan Diary »

Le 9 juin 2011 entre 18H et 20H
Restaurant/Salon de thé « Mon Loup » 10 rue Pasteur à Besançon.
A cette occasion, l’artiste présentera un entretien filmé par JL Gantner.


Je suis pour ma part, le produit d’une éducation sceptique du point de vue des doctrines ou des églises quelles qu’elles soient. Point de sainte vierge pour défendre mon armada affective, ni aucun mandalas pour me retenir à l’intérieur du cercle de mes amours perdus… Cette sorte d’agnostique plutôt. Car j’ai tout de même croisé dans mes voyages, des ombres effrayantes et des parfums sublimes qui s’entremêlaient sans raison apparente, comme les étoiles et les comètes s’entrechoquent quelquefois ailleurs dans l’univers pour produire quelques poussières de couleurs magiques sur cette sorte de terre-là qui nous porte ensemble sans raison apparents. S’il m’est souvent arrivé d’avoir peur dans l’obscurité, je dois dire encore que c’est en raison plutôt des hommes et de leurs mœurs fâcheuses qu’à cause d’une somme de courants d’air occultes. Voilà pour être tout à fait loyal envers vous avant d’en arriver à mon compte, et pour être quitte de nos itinéraires métaphysiques respectifs.


"Mayan Diary #4", acrylic silkscreen on plexiglass & tinted plexiglass, 2007, 55"X55"


À vrai dire, Je ne sais plus précisément où et quand j’ai rencontré Jean-Pierre Sergent la première fois, mais le détail n’a en fait aucune espèce d’importance à l’échelle des temps cosmologiques dont nous parlons. Disons qu’une sorte d’institution officielle de la culture m’avait conseillé l’obscure démarche sur la pointe des pieds et l’affaire aurait pu s’arrêter là. On ne sait jamais vraiment de quelle façon exacte un enchaînement de circonstances finit par s’imposer comme une forme de bonne fortune pour l’esprit ? Voilà peut-être l’Axis Mundi qui précipita cette première rencontre. Juste une somme de coïncidences… « Un cataclysme ».
Je crois que l’on a d’abord parlé de Bacon… Où alors nous aurions dû. Bacon… « Ni une narration, et encore moins de l’illustration » disait Maurice Tourigny(1). Juste une confrontation des affects dans l’idée d’un terrible accident de parcours. Bacon, comme un récepteur du temps qui passe, « terrible ». Ce « résultat » d’une somme de hasards, et de leurs corolaires intimes obsédants.

Jean-Pierre Sergent, cet artiste qui débarquait de New York quelques heures plus tôt tentait de me convaincre d’un tas de puissances démiurgiques qui coloraient la profondeur des mondes anciens. Un tas de formules magiques difficiles à admettre depuis mon espèce de promontoire occidental un peu figé. Moi qui préférait en général débattre de ce thème prolixe des baigneuses dans l’histoire de l’art ou de Guernica. Des annonciations au trecento ; Giotto bien sûr… et plus tard surtout Piero della Francesca. D’un déjeuner sur l’herbe qui pu faire scandale en son temps ou cette ignoble Hallali de Courbet dont il me semble que tout le monde veuille avoir son petit mot à son propos. Cette Aphrodite de Cnide de Praxitèle bien sûr, ou un dialogue tout aussi convenable entre une Pietà de Villeneuve et une nymphe de Titien. Ce « style » des christ d’or et d’argent byzantin ; ces Madones romanes ; les escarpements gothiques. Le génie de Daumier. En vrac, Rembrandt, Caravage, Rubens, Velasquez ou Manet. Mon admiration pour Baudelaire ou Mallarmé si l’on avait parlé de poésie d’emblée. Tout ce qui compose et ordonne la consistance de nos colloques académiques de ce côté du monde, nos schémas… L’exégèse et l’herméneutique… Nos manières exécrables de nous parler de haut, sûrs de nous et débarrassés de nos fibres ardentes. « On n’y voit rien » disait le critique Daniel Arasse. Et les musées même… leur profusion insensée, continuent de nous rendre aveugle aux effleurements sensibles qui transcendant les siècles.
Ce peintre… ancien éleveur de chevaux dans le haut Doubs avant de faire le choix d’aller visiter les indiens navajos dans les réserves de l’Arizona au lieu d’un destin figé dans sa Comté post agricole. Ceux de l’Utah ou du nouveaux Mexique, qu’avant lui Pollock avait côtoyé sous l’emprise de quelques drogues autochtones séculaires. Un shoot magnifique pour la scène mondiale de l’art moderne.



Large-Paper-n°20-JP-Sergent-July-2010


Pollock, Lichtenstein, Rosenquist, Jasper Johns ou Rauschenberg… La conversation s’est installée comme ça, sur le ton d’un dialogue sidéral à propos des traces que les hommes laissent, de leurs traces et de leur altérité dans la nuit infinie. L’idée d’une interview nous est venue bien plus tard alors que l’on travaillait ensemble sur le projet d’un premier film. Quelques questions lancées dans le vide comme Jean-Pierre peint aussi dans l’esprit d’une forme de langage des signes intuitif. Une interview dans le genre de ces bavardages amicaux à partir d’un grand livre d’art posé sur sa table de travail. Cette sorte de muséographie imaginaire dont Malraux parlait, mais du point de vue des pôles inversés. D’abord cette Khajurâho indienne au lieu d’une Athéna de Phidias. Oui, d’abord ce Çiva d’Ellorâ, ce masque africain ou tordu des chamans esquimau ou ce Chevalier-Aigle de Mexico… comme sujet principal de toutes nos métamorphoses au lieu d’une nuit mortelle dans un Louvre glacial. Jean-Pierre Sergent riait aux scènes un peu crues rapportées sur la pierre sacrée d’un monde disparu. Des scènes de fécondité débordante et d’amour joyeux entre les hommes, les femmes et leurs rythmes naturels ensevelis. Le travail, ou plutôt la production de ces autres « grands maîtres de l’irréel » et de leur paradis perdu. Je revoyais un à un ces chevaux bruns des grottes de Lascaux nous dépasser dans un éclair foudroyant, ces figures stylisées au verbe oublié sous la cohorte de nos gisants chrétiens (un langage de plomb contre la chronique aérienne des ciels sumériens ou aztèques). La beauté des gravures rupestres de Tamun en Litsleby. Le génie insoluble du Codex de Madrid… Oui, nous avons beaucoup parlé, mais aussi beaucoup ri ce jour-là à propos des corps et des organes ingurgités dans la couleur céleste. Des scènes érotiques sans tabou. Des corps-signes, des corps-fleurs, des corps-dieux de toutes sortes et leurs postures phénoménales dans la jouissance extatique. Une multitude de thème « pornographiques » dans les critères sordides de nos conventions sociales dégénérées. Je lui ai dit les difficultés qu’il risquerait de rencontrer dans un de ces petits villages de l’Est de la France où il revenait s’installer, face à l’opinion et au jugement de valeurs. L’aveuglement des foules dans la promiscuité des figures de style standardisées… La politique molle de l’idéal humain en cette étrange affaire d’un monde moderne tout accaparé par la litanie de son déclin annoncée. Un genre de discours que ce « new-yorkais » entendait bien sûr… mais l’artiste lui, s’est mis a sourire un peu en pensant à cette sorte de tapage qu’il déclencherait peut-être à la porte des institutions françaises et qui risqueraient dés lors de lui rester fermées à jamais. On a parlé de Michelet et puis de Ferdinand de Saussure, de Levi Strauss, du docteur Freud et d’un tas de formules secrètes contenues dans les écritures saintes. Des gestes et des réseaux, des symboles… de tout de ce qui fait encore sens dans le grand espace pétrifié ; des feux follets qui le transpercent pour nous ranimer. On s’est revus quelques jours plus tard pour parler du vide aussi. De la théorie du chaos, de la phénoménologie de Bergson et du peuple Maya. De l’art sacré et de sa forme naturellement sexuée avant que tout ne disparaisse dans un grand branle-bas punitif judéo-chrétien.


Mayan Diary/2009", acrylic silkscreen on plexiglass & tinted plexiglass 55"X55"

C’est-à-dire que l’homme depuis est devenu mon ami, mais son « mur de lumière » continue de me subjuguer. Sa matrice. Son Iliade… de plexiglass™. Une fournaise de signes incandescents rapportés d’un voyage transatlantique qui a réussi à me transporter moi aussi ; comme chaque voyage à la charge de nous ouvrir un peu les yeux dans l’obscurité récurrente. Car comment vous dire qu’au lieu de cet l’Aurige de Delphe, je préfère aujourd’hui le « maniérisme » cosmique des fresques d’Ajantâ, ou pire encore… cette peinture de Jean-Pierre Sergent qui s’adresse au corps, à notre anatomie particulaire, plus qu’à la raison logique, et dégagée de tout arbitraire « convenable » comme ces Sabbat de femmes, divines… même lorsqu’elles sont « attachées » sur leur lit de vinyle, retenues prisonnières entre leurs parois faites de surimpressions énergétiques aléatoires. Des juxtapositions magiques de principes actifs hyper sensuels où la culture archaïque côtoie le pire manga ; la bande dessinée et la caricature pornographique. Comme au tant où les messages des rois scythes parvenaient à Darius sous une forme qui pouvait prêter à la controverse, les signes « muets » utilisés par accumulation dans l’œuvre de JP Sergent peuvent d’abord prêter à l’équivoque. Une œuvre qui en dit pourtant bien plus long que tout ce que nous pourrions nous écrire d’un peu intelligible dans le but d’apprendre à nous connaître nous-mêmes. Des signes millénaires chargés d’une énergie propre dont les conventions graphiques peuvent nous échapper un instant, mais dont la puissance naturelle de chacun d’entre eux, accouplés dans cette sorte de symbiose hallucinante, couche après couche… révèle la possibilité d’une figure d’amour rituel qui frappe d’emblée notre imagination. Enter dans l’univers de Jean-Pierre Sergent, c’est accepter de pénétrer un espace sacré. Une expérience sensible aux limites de l’Aube de notre humanité. Mais que je vous avoue maintenant, après quelques préliminaires consommés entre nous. Oui, que je vous dise la stricte vérité sur ce Jean-Pierre Sergent. L’homme est un chaman… Un « technicien » du sacré… Il a vu des fleuves de sang couler dans le pistil des fleurs de Jade et des tigres blanc remonter aux sources de feu par la voie du Nirvana. Un sage et son tambour de rêves qui parle aux attelages mythiques et aux abeilles des ruches séculaires. Le gardien… de la forêt d’Aphrodite et d’Ishtar. Il a vu en rêve les jeunes filles prises par les hommes de l’île de Goulburn. Les jeunes filles qui poussent des cris de douleur à cause de leurs longs pénis. Les jeunes filles de la tribu Nagara… Les hommes de l’île de Goulburn éjaculant leur semence dans le corps des jeunes Burara… Celles qui sont toujours là, couchées sur le dos, étendues parmi les feuillages de la palmeraie, au lieu dit des Nuages immobiles, où se lèvent les nuages de l’ouest(2).
Voilà la vérité vraie et comme j’ai pu moi-même tout vérifier sans rien de tenter de vous cacher.
JLG

1-Maurice Tourigny. Francis Bacon : le hasard et l’odeur de la mort
Vie des Arts, Volume 35, numéro 139, juin-été 1990, p. 16-19

2- Cycle de l’île de Goulburn - Poésie du peuple de la Terre d’Arnhem (Australie)
in Les Techniciens du sacré - Anthologie de Jerome Rothenberg / Éditions José Corti



vendredi 27 mai 2011

EN MAI, ON ROULE LES MÉCANIQUES...


PREMIER TOUR DE ROUES

Une machine toute neuve ou presque pour, tiens… Pourquoi pas aller disputer les « championnats de France des journalistes » le 6 aout prochain à Langeac dans l’Allier ?!... (Ceci est un message personnel adressé à Philippe Trias, journaliste au Progrès !)


MAVIC R-SYS


Des roues Mavic R-Sys de 1390g (la paire), et un cintre 3T ergo pro compact recouvert d’un grip de couleur blanche encore propre. Un résultat impeccable sur un bon vieux cadre alu de 2004 revu et corrigé par l’un des meilleurs préparateurs de machines de la région. Merci Jérôme ! Comme ça je serai plus obliger de t’attendre dans les côtes !!!... (Je parle bien sûr de Jérôme Chevallier de l’AC bisontine, un des tout meilleurs spécialistes français de cyclo cross qui officie également au BD du Cycle, rue de Dole à Besançon). De quoi redonner un peu de peps à la mécanique d’entraînement surchauffée depuis deux mois d’un été exceptionnel installé sur les routes depuis la fin du mois de février. Un paquet de bornes accumulées déjà dans les côtes de Champlive, La Maltournée, Lizine, Saules ou Bonnevaux-le-Prieuré… De la bonne petite côte comtoise avant d’attaquer les Alpes avec une chaine un peu bling blig et des pignons frais. Une année faste après toute la flotte qui nous était tombée sur le maillot au début du printemps de l’année passée.


CINTRE 3T ERGONUM PRO


Au premier essai hier après-midi sur ma bécane diabolique et bien briquée, j'ai eu à peine le temps de finir mon jus d’orange lors d’un arrêt à Epeugney chez Jean-Marie à cause de mes roues déjà parties devant sans même s’inquiéter de l’orage qui couvait. (Le JM Baverel de la télé avec sa caméra soudée sur l’épaule dans les courses cyclistes régionales). Une descente « tout droit » pour rejoindre les rives du Lison, et le résultat d’un tas de moucherons collés de partout sur les lunettes profilées. Une côte d’Abbans-Dessus remontée comme sur une chaise à porteurs avant d’enquiller Torpes sur les grandes dents le vent dans le dos… Une sensation de rappel tendu sur un catamaran de compétition. Un vrai délice ! Demain, j’attrape ma BMW de 1989 (une 318is collector avec un moteur à réaction alimenté au champagne d’Épernay, une cuvée Louise de chez Pommery modèle 1998 / 20l au 100 au dessus de 5000tm) et je vais tester les rayons en carbone dans les bosses du Haut-Doubs avant de descendre rigoler sur le sommet du Mont Ventoux avec des potes. En se débrouillant bien, un petit détour pourrait nous ramener au bercail en profitant du Galibier et du col de la madeleine… Mais bon, faudrait pas non plus tout vouloir bouffer d’un coup. Flaubert, Proust et Chateaubriand. Faut en laisser aussi pour le mois de juillet et le mois d’août.

SCOTT AFD TEAM (2004)


Bon, alors c'est quand tu veux mon Philippe ? L'histoire de mettre une mine à Edouard Choulet qui frime avec son maillot officiel de l'UCI dans les salles de rédaction. (Trêve de plaisanterie : Chapeau bas, pendant que j'y pense, Monsieur Choulet...) Et un grand merci à Jérôme pour sa collaboration efficace au sommet.
JLG


lundi 23 mai 2011

TOUR CYCLISTE DE FRANCHE-COMTÉ 2011



4 JOURS À UN TRAIN D'ENFER SUR LES ROUTES DE FRANCHE-COMTÉ

Quatre jours de directs et de reportages sur une épreuve réputée comme un des plus beaux rendez-vous du cyclisme amateur français. Au total : 600 kilomètres de course à parcourir en cinq étapes (dont deux demies journées dans la montagne sur les pentes du Jura des deux côtés de la frontière avant de rejoindre Besançon). Les numéros d’équilibriste du cameraman dans des descentes à moto au milieu des concurrents déchaînés ; l'inénarrable JMB (qui fait aussi office de Road book, d'attaché de presse, de Public relation et de conseiller de production). Francis, au guidon de sa belle mécanique. Les coups de volants « intuitifs » de notre ingénieur du son bien installée dans son Aston Martin pour éviter les coureurs, les arbitres, les invités et les commissaires de course ; les spectateurs sur le côté de la route, les mouches sur le pare brise et les « chiens »… Le travail d’un monteur au cerveau magique et ses machines infernales pour assembler les images dans l’ordre et le temps d’un sprint olympique. Des transmissions satellite réglées chaque midi et chaque soir comme une horloge suisse au poignet de Marie même en terre ennemie. Notre boite à coucou à nous. (Une Marie sans OGM ; une Marie 100% naturelle à n'importe qu'elle heure du jour ou de la nuit. "Oh Marie, si tu savais... Tout le mal, que...") Tout le boulot de Sarah sur le web qui peste quand même un peu contre les zone blanches de la Comté, et qui pense que le Wifi « suisse » devrait couler partout de chaque côté de la frontière… Le truc aussi, d'être un peu triste d'être obligé de se quitter si vite après le début d'une si belle aventure entre nous. JLG




J1 / PRÉSENTATION DU TOUR DE FRANCHE COMTÉ À DELLE (TERRITOIRE DE BELFORT)


J1 / 1e ÉTAPE ENTRE DELLE ET BELFORT


J2 / 2e ÉTAPE ENTRE AUXON DESSUS (DOUBS) ET DOLE (JURA)


J3 / 3e ÉTAPE ENTRE LONS LE SAUNIER (JURA) ET FRASNE (HT DOUBS)


J3 / 4e ÉTAPE ENTRE PONTARLIER (HT DOUBS) ET LA CHAUX DE FOND (SUISSE)



Les images de la dernière étape du Tour à Besançon (tout bientôt)


Voir le résumé en images du Tour de Franche Comté 2011
sur France3.fr




TOUS DROITS RÉSERVÉS ©FRANCE TÉLÉVISION 2011

JEAN-LUC GANTNER
JEAN-MARIE BAVEREL (Images)
FRANCIS MOURE (Moto)
ABOU SOW (Son)
ERIC DEBIEF (Montage)
MARIE BASCHUNG (transmission satellite)
SARAH REBOUH (web)


dimanche 22 mai 2011

LE RAID HANDI'FORT À BESANÇON






RAID HANDI'FORT (PART I)


RAID HANDI'FORT (PART II)





TOUS DROITS RÉSERVÉS ©FRANCE TÉLÉVISION 2011

JEAN-LUC GANTNER

MATHIAS GARNIER (images)

BERTRAND VIGIER (son)

SOPHIE RETHORÉ (montage)




mercredi 11 mai 2011

SERGENT (ENTRETIEN)


ENTRETIEN AVEC L'ARTISTE JEAN-PIERRE SERGENT




© JEAN-LUC GANTNER 05/2011



Jean-Pierre Sergent expose actuellement au Musée des beaux arts de Mulhouse

Vernissage de l'exposition



Autre vidéo de JP Sergent réalisée en 2009 pour le Journal de Néon™




mercredi 4 mai 2011

"SWISS MACHINE"



l'EIGER EN MOINS DE TROIS HEURES...


Le Suisse Ueli Steck est un alpiniste hors pair. Habitué des ascensions en solo et sans filet, il a un beau jour choisi de passer littéralement à la vitesse supérieure et de rejoindre la communauté des "speed climbers" pour grimper les plus hauts sommets, le plus vite possible, chrono en main... Une nouvelle course à l'adrénaline à découvrir ici lors de son ascension record de l'Eiger, dans cet extrait du film "Swiss Machine", qui lui était consacré / Le Monde.fr








mardi 5 avril 2011

DES COUPS DE RÂTEAU QUI SE PERDENT !



Lettre ouverte et néanmoins j'espère fort sympathique à Nicolas GUILLEMET, Benoît CYPRIANI, Corinne TISSIER, Daniel HUOT, Francois LOPEZ, Jean-Sébastien LEUBA et Jean-Louis FOUSSERET…







(À PROPOS DES BATTERIES DE SOUFFLEUSES À NOUVEAU EN MOUVEMENT SOUS LES FUTAIES BISONTINES ET MALGRÉ TOUTES LES BELLES PROMESSES PRÉVUES DANS L’ÉLÉGANTE LITTÉRATURE DU NOUVEL AGENDA 21.)


Ou l’idée d’un « geste citoyen, eco-responsable » facile et peu coûteux… mais qui a dû passer entre les dents de la belle machine à nous faire prendre des bouteilles d’arachide de culture pour des paquets de cacahuètes sauvages bons pour les singes, et les milliers de visiteurs crédules qui payent pour les voir bouffer derrière les barreaux.


« … pour répondre aux enjeux climatiques et sociaux, en construisant un nouveau modèle de développement plus responsable » J-L Fousseret, maire de Besançon.


Imaginez... (Et permettez aussi que je sois un peu long à me lancer dans mon propos au lieu de me jeter dans le métier comme on le fait aujourd'hui, toujours à bout de souffle…) Oui, imaginez le son d’une mobylette, manette de gaz à fond… ou bien encore cette sorte de scooter débridé qui s’acharne à prouver qu’il existe. Vous savez ! Ce genre d'engin qu’on déteste voir débouler des quartiers populaires pour faire du bruit sous nos fenêtres… Ces deux roues « agaçants » et leur pollution sonore « intolérable » pour la tranquillité de nos centres-villes. Une nuisance, tellement préjudiciable à la qualité de vie dans nos rues qu’il est toujours apparu nécessaire aux élus bisontins, de rappeler sans cesse leur engagement sur le sujet « Il faut responsabiliser les parents et les enfants. Près de 80% des deux-roues seraient « kittés » ou débridés ». Nous explique une édition déjà ancienne du BVV. « Avec pour conséquences (outre des problèmes évident de sécurité) DES NUISANCES SONORES …/… Les jeunes utilisateurs doivent toujours garder à l’esprit que la répression des contrevenants a débouché, par exemple, en 2005 sur la confiscation par les services de police nationale d’une cinquantaine de deux-roues. A méditer... » concluait l’article de 2006. Oui, méditons, méditons…






Fort de cet engagement voulu par le locataire de l’hôtel de ville de mettre un vrai coup d’accélérateur au principe de développement durable, on avait même signé une charte environnementale en 2005 au niveau du Grand Besançon, et mis sur pieds le fameux Agenda 21 local. Une démarche remise à jour au mois de février de cette année 2011 et dont les prémices remontent au mois de novembre 2003 avec la venue à Besançon du Directeur de l’Institut européen d’écologie, l’immense et inénarrable Jean-Marie Pelt. L’idée de tout faire pour diminuer l’impact de nos comportements sur l’environnement, celui de réduire au maximum les gaz à effet de serre en particulier « Pour limiter la pollution de l’air et diminuer les maladies respiratoires, pour contribuer à l’atténuation du réchauffement climatique » (une des principales recommandations du sommet de Rio en 1992). L’idée de préserver les équilibres fragiles et d’essayer de tout faire pour mieux vivre ensemble. Un plan de 157 actions à l’époque. Un dispositif qui s’est voulu « exemplaire » à Besançon et dans la communauté d’agglomérations. Les conclusions d’un rapport plein de bon sens : « Les principales nuisances environnementales sont la conséquence de notre non organisation » a t’on pu lire sur une plaquette distribuée au grand public et à la presse en 2006. « Notre non organisation… » Oui, car « c’est aux collectivités de montrer l’exemple » insistait-on fièrement ! « Agir, inciter, fédérer … /… Fédérer autour des bonnes pratiques de jardinage à Besançon. Modifier le parc de matériel pour mieux répondre aux objectifs de la gestion différenciée des espaces verts. Réduire le bruit ». Oui ! « RÉDUIRE LE BRUIT ». « La Ville de Besançon et la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon ont compris, depuis longtemps, la nécessité d’une nouvelle gouvernance, capable d’intégrer nos responsabilités environnementales » a écrit Allain Bougrain-Dubourg lors du 4e forum du développement durable organisé dans la capitale régionale le 6 février 2009. Une belle rhétorique qui réussit à entretenir un certain zèle dans les meetings, les comités de quartiers ou dans les pages payées d'avance de la bonne presse parisienne. Même si l’on doit tout de même reconnaître l’effort, considérable et constant, du premier jardinier de la ville, son côté « apiculteur » averti, éleveur de chèvres ou « vigneron » (dorénavant responsable d’une exploitation viticole communale sur les hauteurs de Velotte). Oui, l'homme qui murmure aux pots d'échappements des mobylette sauvages précitées…

Et voyez dans ma longueur… comme je suis beau joueur en exégète averti d'un Agenda savoureux et plein de savants rebondissements.


Oui, même s’il faut parfaitement bien mesurer toute l’action de ancien délégué national chargé de l’écologie urbaine et du développement local au PS sous le mandat de François Hollande… en cette matière d’un rapprochement franchement honnête avec la famille de pensée de son frangin, membre de l’ONG « Les amis de la terre », vice président du conseil régional en charge des transports (plus propres) et tête de liste du mouvement Europe Écologie - Les verts en franche Comté. Oui… même si j’avoue encore préférer l’action partielle (forcément un peu « partiale » et intéressée), une action insuffisante ou fragmentaire… au manque d’action ou aux bâtons dans les roues, aux feuilles de route chiffonnées juste après les discours de convenance, la propagande et ses effets de cirque ; « la pornographie » a dit Godard (et on se demande bien ce que vient foutre Godard là dedans ?! Godard et tout son cinéma pour qu’on se souvienne de lui au lieu de ses films que personne ne va jamais voir).



BESANÇON, PLACE GRANVELLE - PHOTO © JL GANTNER 2011



Mais voilà que j’arrive enfin à l’objet de mon propos. Oui, permettez que j’arrive à mon rythme et selon mon souffle, à mon allure (ma bonne allure)... jusqu’à à cette compagnie de « souffleurs » qui a repris du service aujourd’hui même, et comme chaque année à la même époque notamment sous la futaie de la place Granvelle. (Des souffleurs… mais qu’il ne faudrait pas confondre avec ceux du « Français » qui ont toujours eu le sens de l’humour pour rattraper les acteurs principaux qui perdent quelquefois le leur sur la scène des grandes comédies humaines. (Mais « souffler » n’est pas jouer comme chacun d'entre nous l’a appris pour se distraire les méninges). Non, ni ce genre de souffleurs, ni d’autres bénéficiaires de courants d’air incertains comme ces gens de Bacchus (pour en passer un instant par une scène locale et le sujet de ses amours mortes…) Ces artistes « locaux » et leur souffle court à force de n’être jamais complètement prévus au programme d’une véritable culture « durable ». Des artistes… Et rendons d’emblée un hommage particulier à cet honorable Jacques Rouxel, cet autre genre de souffleur de bonnes formules dans le bec d’une paire de Shadocks qui n’ont pas fini de nous faire rire perchés sur leur pattes ridicules ! Et pardonnez alors ma digression...) Des souffleurs, ou plutôt ces drôles d’engins équipés de leur moteur à essence carrément polluant sinon au moins très bruyant, conduits par un binôme de scaphandriers jaune ou orange fluo (dont j’ose espérer qu’ils sont au moins rémunérés par la ville elle même ou la communauté d’agglomération. Je veux dire avec un contrat à durée déterminée et des avantages sociaux en bonne et due forme comme les socialistes en prescrivent la nécessité pour les autres, au lieu de cette pratique d’une sous-traitance si pratique … qui agirait dans le cadre d’une mission de service public commandée, mais pour son compte personnel et son propre enrichissement, beurk !… Je ne sais pas ? Mais je vais quand même me renseigner dés que j’en aurais l’occasion !) Un binôme de jardiniers d’un genre franchement décalé dans le décor actuel de nos préoccupations écologiques et de santé publique ; celles de la politique fermement affichée par la ville depuis l’élection de Jean-Louis Fousseret dés 2001, et qui s’est considérablement amplifiée depuis cet échec cuisant du Grenelle de l’environnement de 2007. (Un fiasco à mettre sur le dos d’un gouvernement actuel et de ses fâcheux principes dont ce cher Godard vous rappelait la formule tout à l’heure). Bon, comprenez avant tout que je n’ai rien contre la gent souffleuse de feuilles mortes elle-même ! Je veux dire cette machinerie programmée d’une soufflerie infernale de résidus verts dans le jardin socialiste en tant qu’individus ou personnel salarié sur le terrain. Non, rien du tout ! Et comprenez qu’il eût fallu que j’employasse cette précaution d’usage avant de m’attaquer plutôt à sa hiérarchie, cette forme de représentation admirable de la multitude shadockisée dont nous évoquions l’éloquente prédisposition il y a un instant. Une direction des affaires municipales « engagée depuis de nombreuses années déjà dans une démarche de gestion durable des espaces vert et dans la mise en œuvre des techniques alternatives…» et qui pose l’ambition de « limiter, voire de supprimer les outillages bruyants (balayeuse, souffleuses…) » je cite là le point 131 du nouvel agenda mis à jour cet hiver au chapitre de « La prévention du bruit dans l’environnement ». Oui, beaucoup de bruit pour rien, non ?!... Une équipe et son allégresse aux affaires qui oblige encore de nettoyer les sols de nos parcs à coup de décibels rustiques et de rejets de CO2 affligeants pour l’avenir de nos gosses déjà privés de mobylette. Des séances d’assaut d’au moins deux heures sans discontinuer. Un effeuillage en règle au caractère brutal pour les appareils auditifs de nos personnes âgées ou pour les oreilles encore frêles des marmots. Un vacarme franchement rédhibitoire et des litres d’essence brûlées à chaque passage répété tout l’été jusqu’aux derniers jours de l’automne. Soit bien huit mois d’une politique de jardinage « intensif » qui fait un peu tâche au milieu des projets de ruches et de reconversion des plans de circulation en mode doux. Une attaque à l’arme lourde contre le bon sens et les bonnes manières qu’on rencontre généralement chez les gens bien élevés. Une technique de soufflerie intensive et nauséabonde, réputée aussi pour cette propension de l’outil à brasser toutes sortes de particules nocives et de déjections canines dans l’air qu’on respire.


RATEAU NEUF 14 DENTS (DOUILLE FORGÉE) / 22,25€ TTC


Bref ! on se demande pourquoi l’homme a un jour inventé le râteau. L'instrument simple, bon marché, et qui ne réclame aucune sorte d’entretien mécanique particulier… Un truc on ne peut plus économique, mais qui ne rapporte sûrement rien à personne non plus au delà d’un petit coup de pouce au bien être des gens. Un appareillage des plus sobre et plutôt de gauche même si on l’utilise de la main droite. Un accessoire d’autant plus joli sur les photos des touristes ou sur les couvertures des grands hebdomadaires en mal de sensations fortes. L’ustensile et son maniement plutôt agréable (si l’on en croit tous ceux, nombreux qui savent encore s’en servir...) Un moyen efficace de promener les feuilles où l’on veut et même de les ramener d’où elles viennent, l’esprit libre, libéré des contingences sonores agressives ; libre alors de penser à autre chose en rapprochant les feuilles vertes des moins rouges ou des plus jaunes, d’en faire une jolie palette de couleurs pour épater les professeurs d’art plastique ou les décorateurs de théâtre. Libre d’en faire des petits tas ou des gros ; libre d’attendre que ces feuilles-là s’en aillent toutes seules ou qu’elles pourrissent sur place pour convertir les odeurs de pluie en parfum subtil de sous-bois. Une pratique artistique entièrement SILENCIEUSE ! Tant pour l’utilisateur du métier que pour son client de la voie publique apaisé.

Car je plains pour finir, ces forçats de l’éradication total du moindre poil qui dépasse de nos sylves urbaines ; ces bagnards rendus sourdingues au bruissement du vent dans les feuilles, ces fameux « soirs sereins et beaux… » Comme je plains tout autant ces consommateurs des terrasses de brasseries, comme ces marcheurs du palais Granvelle invités à spéculer sur ces autres et fameuses « Feuilles d’automne » hugoliennes, dans la fureur des moteurs. Des feuilles d’automne et toute la poésie qu’elles contiennent, à qui l’on fait la chasse dés les premiers jours du printemps pour je ne sais quelle raison religieuse ? Comme je plains, oui, l’impossible chuchotement de quelques conversations philosophiques dans l’aliénation du bruit des gaz vrombissants ; le murmure des paroles amoureuses dans le vacarme des moteurs éreintants. Toutes ses feuilles mortes qu’ont pourrait continuer de ramasser à la pelle… (et voyez comment je ratisse large dans ma tentative de manœuvre pour en finir avec les paradoxes, les incongruités d’usage et les contradictions de notre monde moderne en pleine exagération !)

Où revient nécessairement l'idée d'un beau râteau promis sur le papier, et beaucoup de bruits pour continuer encore longtemps de nous en passer.


JL Gantner / le 4 avril 2011





mardi 22 mars 2011

JEAN-CLAUDE BOURGEOIS




Néon™ est très triste de devoir vous annoncer
le décès de l'artiste peintre Jean-Claude Bourgeois
le 19 mars 2011 à Ornans.



JEAN-CLAUDE BOURGEOIS, PEINTRE DE LA COMTÉ.
Une fresque filmée en 4 épisodes.
RÉALISATION ©JL GANTNER



BOURGEOIS DE LA COMTÉ - I


BOURGEOIS DE LA COMTÉ - II


BOURGEOIS DE LA COMTÉ - III


BOURGEOIS DE LA COMTÉ - IV



voir les articles consacrés au peintre dans le Journal de Néon™...
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / INTRODUCTION
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / I
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / II
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / III
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / IV



vendredi 18 mars 2011

MYRIAM DRIZARD AU MUSÉE COURBET



MYRIAM DRIZARD ACCROCHE AU MUSÉE COURBET
(FERME DE FLAGEY)


On venait d'annoncer à la radio la possibilité d'une résolution au conseil de sécurité de l'ONU pour envoyer des avions de guerre au dessus de la Libye. L'idée "française" d'obtenir un passeport diplomatique propre à défendre coute que coute les enclaves insurgées de Benghazi ou de Tobrouk.

C'était le jour où la planète entière avait les yeux rivés sur le Japon après que le pays du soleil levant eut à subir la pire catastrophe depuis les bombardements d' Iroshima et de Nagazaki. Un séisme d'une amplitude phénoménale suivi du Tsunami le plus grave jamais éprouvé dans une région accoutumée au confort moderne et à la technologie dernier cri. Des images "fascinantes" qui tournaient en boucle sur des milliards d'écrans et sans épargner la moindre surface du globe. Le jour où la terre entière eut à retenir son souffle face à l’image abasourdie de cette centrale Fukushima Daiichi sur le point d’exploser.



DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


C’était, oui… le jour où des spécialistes en tout genre tentaient de nous faire partager leurs maigres connaissances à propos d’un modèle de cœur en danger d'un genre nouveau, capable, de dégager une énergie considérable dans la lueur fragile d’un ciel étoilé. Un cœur sombre en vérité. Un genre de cœur glauque, fissible dans les tempêtes solaires, les raz de marée et nos amours enfuis. Des tonnes de matière aliénée baignée dans un grand rayonnement ionisant de couleur verdâtre. Une chaleur torride dans la posture d’une figure triste courbée sur l’échine de nos nuits paniquées. L’asphyxie programmée du monde sensible et ses effets pervers sur le rayonnement solaire. La figure immonde d’une armée d’alternateurs déréglés et leurs sales bobines toutes entières précipitées. L’équation tragique d’un monde ultra pressé pour recouvrir le lit de nos amours dérobés. Tout crépitait ; une pluie de formules mathématiques délétères pour conjurer nos éternelles dérobades ; nos vaines excuses, nos sempiternelles échappatoires.
Voilà, le décor, le contexte de turbulence… Cette forme de liens indissociables qui nous unit au chant céleste et à la fureur du monde terrestre… Oui, voilà ces funestes cohortes… ces hordes opaques… qui me raccrochèrent ce jour-là, à la couleur de quelques traces artistiques majeures dans le ciel tranquille du pays de Courbet.



DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


Des traces, comme les empreintes indélébiles d’une tribu de corps perdus ; des carcasses enflammées, des meutes de paysages en mouvement. Une armature colossale de questionnement direct sur l’origine du monde et l’impossible image de sa finitude. Une peinture « capitale », au sens où l’artiste ne nous impose rien, mais s’impose d’elle-même à notre champ de propensions sensibles au-delà de toute forme de mode ciblée ou d’engouement gratuit. L’audace et la singularité de Myriam Drizard s’installent pour deux mois dans la maison Courbet à l’invitation de son conservateur avisé, comme aucun génie de l’époque ne saurait mieux y séjourner. Aucunement dans l’attitude un peu vulgaire d’un de ces impudents propriétaires du temps, mais plutôt dans cette belle contenance feutrée d’une locataire qui remplit de fierté une demeure réputée. La résidante désirée, par filiation de quelque orientation intellectuelle ou philosophique avec l’ancien et glorieux maître des lieux.



DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


MYRIAM DRIZARD ET FRÉDÉRIQUE THOMAS-MAURIN (CONSERVATEUR)
DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


La quintessence d’un immense carnet de poésie rempli d’une énergie « résiliente » campe l’architecture de la maison familiale de Gustave Courbet. Un accrochage voulu comme le résultat « obstiné » de 15 années de peinture. Une fournaise nucléaire. Une tension prodigieuse stoppée nette pour permettre au spectateur de mesurer la taille du prodige à l’aune de son temps figé. Le repos après la bataille… L’instant, si émouvant des forces arrêtées, commuées en marques charnelles et définitives. Tout ce que l’on garde de précipices dans les yeux pour ne rien entendre de l’esprit qui s’effondre.

L’œuvre… —et « l’adjectif » ici n’est pas galvaudé— est une œuvre/itinéraire sculptée à l’intérieur d’une chambre à combustion naturelle nourrie de réponses imparfaites. Une œuvre/voyage dans la géométrie des surfaces sensuelles. Une œuvre comme un effleurement de matière céleste dans la rugosité des masses nécessaires. Une œuvre… comme celle de ce marcheur biblique reclus dans son désert volontaire, et qui ne s’épargne rien du poids des temps qu’il traîne avec lui. Un fleuve et son ambition circonscrite à son objet principal, non celui de déboucher quelque part, mais celui d’irriguer des terres qu’il partage chaque jour avec la lumière.
JEAN-LUC GANTNER




©France Télévision 2011



MYRIAM DRIZARD À LA FERME COURBET / FLAGEY / JUSQU'AU 30 MAI 2011

Au centre

MYRIAM DRIZARD (VIDÉO) DANS LE JOURNAL DE NÉON™ / 2007





mardi 15 mars 2011

LILI ET DONOMA


Les tribulations cinématographiques de Lili...

Choisit-on vraiment d'aimer ?




LILI GANTNER ET BUSTER ADAMS /95 BEAUMARCHAIS © DJINN CARRÉNARD


Lili sur les planches ou Lili au cinoche… Bon, et bien voilà qu'après une année passée sur la scène de quelques théâtres de poche parisien en marge de ses heures perdues à tenter d'en découdre avec des études de civilisation anglaise à Paris IV, la demoiselle décide maintenant de croiser la route d'un batteur de hard corps en pleine séance de "masterisation", et de jouer la comédie pour la caméra d'un jeune réalisateur étonnant/détonnant.



DJINN CARRÉNARD, RÉALISATEUR

Djinn Carrénard a fait le détour par le festival de Cannes en 2010 sur l'invitation de l'ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Un tapis rouge pour un metteur en scène carrément doué avec sa caméra nouée autour du cou à la place d'une cravate tendue à partir du nombril. Le genre de type qui n'a pas froid aux yeux malgré les Ray ban™ qu'il a oublié se s'acheter, et qui préfère la chaleur torride des projecteurs naturels pour cramer les paupières des gens blasés. Du cinéma comme une certaine télévision d'aujourd'hui n'aimerait plus en faire… (ni en fer… ni d'aucun autre métal non plus qui permettrait pourtant de se la péter sévère sur un podium olympique de la discipline !) Du cinéma qui casse la baraque sans effet de foire, ni pompon à attraper au milieu de la séance. Un cinéma dans lequel Djinn est à la fois scénariste, metteur en scène, Directeur de la photographie, opérateur de prises de vues et chef monteur. Le tout avec un résultat… Tout simplement désespérant pour les lourdes machineries convenues de quelques tour operators corporatistes, sectaires et péremptoires… d'une profession audiovisuelle ; Oui, quand même un peu larguée ces temps derniers (et pour rester un instant sur le terrain d'une sorte de télévision à papa qui prétendrait détenir le savoir incontestable d'une bonne image, de la meilleure image qu'il faut faire pour contenter son actionnaire ou satisfaire à ses obligations de service public pour pas trop cher… D'une belle image bien statique et tout ce qu'il faut de parfaitement convenu pour ne pas trop déranger non plus. Une bonne petite image à sa mémère a refourguer chaque jour à ses gentils clients bien sages et propres sur eux. Ahhh, la télévision !… Cette sacrée"camelotte" qui infuse dorénavant jusqu'à la mémoire vive de nos chers téléphones portables, au lieu d'une paire de lignes obscures d'un Monsieur Flaubert par exemple, ou d'une bande muette de Murnau… De leurs effets indésirables sur la santé de l'économie générale. Pouahhh !…

Oui, voilà. Préférez donc un grand écran, dans un modèle très "Indépendant" au lieu d'une plaque au plasma qui laisse des traces indélébiles dans le décor tragique de notre environnement moderne. Un écran large aux côtés incertains. Un écran large pour pouvoir étaler nos idées neuves et une belle palette de couleurs vives par dessus. Un écran large d'esprit, et sa profondeur de champ un peu floue pour ne pas chercher à tout comprendre tout de suite du temps qui passe à ne plus rien lire ou à ne plus rien voir vraiment dans le chant triste des étoiles filantes.


"On a fait ce film un peu de la manière dont il ne faut pas faire des films"



JINN CARRÉNARD, RÉALISATEUR

"On a fait ce film un peu de la manière dont il ne faut pas faire des films" dit Djinn à propos de son travail. Voilà bien cette manière qui rapproche cet artiste, ce nouvel enfant prodige du cinéma français, d'un Godard pétrifié dans ces années soixante comme un photon s'agite sur son chant électromagnétique primordial. (Hé, Jean-Luc ! Sors un peu de ta vieille carcasse toute moisie qu'on discute un peu d'un gars qui vient de tout comprendre du cinéma que tu avais inventé.) Djinn… ou le truc d'un type incrusté dans son époque parce qu'on avait aussi un peu oublié de l'y inviter. "J'étais seul pour cadrer. Alors au lieu de m’échiner à faire le point le plus vite possible, ce qui aurait rendu plus flagrantes mes difficultés, j’ai tenté de placer la mise au point dans le registre de cette caméra comme intrus voyeur, en créant un rythme assimilable aux émotions ressenties par cet intrus. On retrouve ainsi une vision de caméra qui nous rappelle des vidéos vues sur Internet par des reporters populaires qui filment à la volée une action qui ne se passera qu’une seule fois". Quand je vous parlais de ce Vieux Godard !... Djinn ou le truc du grand reporter de guerre qui viendrait nous parler de l'amour des gens avec sa caméra à l'épaule et ses yeux brillants.

Une pépite cinématographique au budget pharaonique de "150€". Pas un sous de plus explique l'équipe. Une équipe… ou parlons plutôt d'une bande de comédiens éprouvés à la technique de l'improvisation. Une des clés qui fait le charme incomparable de Donoma.

Le cinéaste et peintre Joël Brisse dit à propos de "Donoma" que le film est "enthousiasmant, inventif et maîtrisé". "Ce jeune réalisateur, écrit l'auteur de "Suite parlée" déambule dans les destins de ses personnages et mine de rien, en toute liberté, pose les questions fondamentales à toute existence". Le rapprochement certain d'un Cassavetes s'il fallait en passer par quelques comparaisons académiques. "Un théâtre fait d'incertitudes et de réactions à fleur de peau" lit-on dans un article publié dans la revue Africultures. Bref ! Une bombe sous la forme d'un huit clos que personne n'avait jamais osé filmer comme ça. Un écran total pour se protéger des coups de soleil faciles et de la lumière ostensible des machins à réaction. Djinn Carrénard dont je me disais aussi qu'il ne travaillerait jamais à la télé. Où alors pas tout de suite. Ou alors dans longtemps…
Néon™


mercredi 9 mars 2011

TUNISIE / PORTFOLIO 1



J’avais d’abord prévu d’écrire un papier sur Job. "JOB" Pas le papier clopes… Mais plutôt "cet homme intègre et droit". Cette figure biblique d’un vieil homme frappé de toutes les calamités du monde tangible par « la grâce » de Dieu, qui ressurgit sous la plume de Pierre Assouline. Ce journaliste, écrivain, blogueur dont « il faut avoir lu » l’inévitable bio d’Albert Londres ou celle de Cartier Bresson… Une séance d’exégèse ou de philosophie pour en finir un peu avec l’activité physique à outrance et les romans chronométrés d’un hiver un peu long. Ce Job… et tout son boulot qu’il doit faire sur lui pour résister à la tentation d’abandonner sa quête spirituelle un peu obsessionnelle quand même ! Bon. Et allez savoir pourquoi ce Job m’a ramené à la Tunisie ? À un voyage en 1994 (pour le boulot comme on dit justement !) Un tournage de plusieurs semaines accompagné de Marie Ange Nardi et d’Olivier Mine. Oui, voilà ! (Les présentateurs vedettes de la télé…) des véritables stars dans les rues de Tunis, de Tozeur, à Kairouan ou à Tabarka… Toutes ces villes où nous ne pouvions faire un pas sans subir les assauts plutôt sympathiques d’ailleurs, de plusieurs centaines de fans assidus à des programmes comme « Pyramide ». Des jeux « culturels » diffusés sur France 2 et reçus dans tout le Maghreb à l’époque. Oui, Juste avant que les satellites libertaires du monde entier ne finissent par envahir les modes de réflexion hertzienne très… encadrés. Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça ? Juste une image qui me revient en mémoire. Un simple jeu de l’esprit.



TUNISIE / PHOTO © JL GANTNER 1994



Le souvenir d’un voyage en Tunisie et dans quelques hôtels de luxe où il m’arrivait de piquer des serviettes de bain plutôt que de revenir chez moi avec un tas de souvenirs idiots à distribuer. Le décor des mille et une nuits au Tamerza palace****. Quelques heures de repos au milieu du tumulte, dans une architecture de rêve construite en plein désert sur les ruines d’une ancienne oasis tout près de la vaste plaine saline du Chott el-Jérid ; le tout (et y compris les draps de bains...) réglé par le ministère du tourisme et un tour opérateur dont j’ai perdu l’adresse depuis le mois de janvier dernier… Une sorte d'échange de bons procédés comme on le pratique quelquefois dans quelques officines gouvernementales !
Le désert… en passant par la journée de la femme de ce 8 mars 2011, et de la rencontre à Montbéliard avec Madame Aïcha Ech-Channa, présidente de l’association Solidarité Féminine de Casablanca et pionnière du planning familiale au Maroc. Des femmes en lutte pour leur émancipation sur l’autre rive de la Méditerranée Au Maroc… comme en Tunisie, comme en Algérie, comme dans l’ensemble du monde arabo musulman d’une manière générale. Un tour de l’esprit qui ne se satisfait jamais tout à fait des ronds dans l’eau et tout ce qui dort derrière les jardins d’Eden un peu simplistes.
Néon™




dimanche 20 février 2011

TRANSJURASIENNE 2011 / LE FILM




LA TRANSJU (2011) / LE FILM


On m’avait d’abord parlé de ces paysages à couper le souffle… Une montagne et son relief plutôt paisible sur la route des Alpes. L’hiver, terrible ; les records de froid dans les forêts et sous les crêtes du massif. Un Jura typique enveloppé dans son immense manteau blanc. Le cliché, parfait… Juste avant d’en découdre avec une course, considérée comme une véritable légende dans l’histoire mondiale du ski nordique….
Une épreuve d’endurance organisée depuis plus de trente ans, entre le village de Lamoura dans le Jura et la commune de Mouthe dans le Haut–Doubs. 76 KM à parcourir les skis aux pieds ; une distance mythique pour les amateurs de sensations fortes.


Dans la Transju / Le film


VOIR LE FILM DIFFUSÉ DAS LE CADRE DE L'ÉMISSION "SAMEDI PREND L'AIR"
© FRANCE TÉLÉVISION 2011

RÉALISATION Jean-Luc Gantner
IMAGES Raphaël Doumergue
IMAGES EMBARQUÉES JeanLuc Gantner
IMAGES ADDITIONNELLES Florence Petit, Laurent Brocard, Lydie Marlin
SON Pierre Mayayo, Karl Monnin
MONTAGE Alexandre Baudrand
MIXAGE Thomas Hardy
DÉLÉGUÉ RÉGIONALE D'ANTENNE Sophie Guillin
CRÉDIT ©FRANCE TÉLÉVISION 2011


MERCI À
Jean-Pierre Henriet et tous ses élèves à l'école de Prémanon... ; Philippe Nicod et les "Jeunes spatules" du Ski Club de Verrières-La Cluse et Mijoux ; Laurence Cordier du ski club du Mont noir ; Didier Coulinges du chalet La Perruque au Pré-Poncet (Le mec qui bosse sur les skis des copains même après minuit...) ; le peintre décorateur Pierre Vandel (un sacré coup de pinceau pour repeindre les pistes !) ; La famille Vandel au grand complet dont Yvon, Mehdi et Loic qui m'ont appris à fabriquer ces skis à la main, même si je n'ai pas tout retenu ; Sophie Gilibert et tout le service de presse de la Transju ; Guillaume Nery et Christophe Lyonnard (On se fait une vraie plongée à Nice bientôt, promis ! Mais pour ma part j'amène mon respirateur électronique toutes options...) ; Sébastien Lacroix et toute sa famille pour leur l'accueil tout... bois d'Amonier (et quand même aussi un petit peu pour le Macvin...) ; Agnès Eksterowick, la dame de Haute-Savoie et son chauffeur de bus un peu fatigué...) ; Le sourire et la patate de Robert Bresson ; les rois du fart Sébastien Huguenet et Louis Pagnier (Murer sport à Morez) ; Camille de Lausanne, pour son cours de repassage ; Des gens qui skient dans le noir comme François Mandil, faucheur quand même un peu "sans gène" mais qu'on aime bien quand même... ; Rosalie Bertin-Denis (la fille qui s'occupe super trop bien des bébés...) ; Anne-Laure Baud, qui aile trop la "liberté" ; Antoine Nicod, qui préfère les röstis ; ou Vincent Goumon et son tam tam démoniaque ; un aubergiste à Rochejean qui oublie les morilles dans la fondue à cause de son chat un peu feignant sur les bords... ; l'incomparable Gérard Menu de Metz (qui doit certainement être retourné dans son frigo à l'heure qu'il est !) La fille aux cheveux orange... (et sa jupe aussi ! Une vraie motivation pour tenir le coup dans les derniers kilomètres.) Tous ceux-là et et tous ceux que j'ai oublié en route. Merci encore et à un de ces jours comme on dit.
JL Gantner




samedi 19 février 2011

TRANSJURASSIENNE 2011 /3





HAUT-DOUBS - LE LAC DE ST POINT 02/2011
PHOTO © JL GANTNER