lundi 10 décembre 2007

REMBRANDT & MYRIAM DRIZARD



PEINTURE

Je connaissais bien sûr ce Monsieur Rembrandt avant de découvrir le travail de cette jeune artiste d'Ornans. Un peu le XVIIe aussi… Les maximales glaciaires atteintes dans les vallées alpines à cette époque-là et la guerre de Hollande contre Louis XIV ; le parc Monceau à cause de ma fille et de ses études à la Sorbonne dans le Ve... Une étudiante assidue à l'art du théâtre et à la littérature moderne anglo-saxonne ; au cinéma de Gus van Sant, de Lars on Trier ; celui de Wong Kar Waï aussi… Un tas de musiques à la mode comme Radiohead et des trucs complètement dépassés qui l'amusent beaucoup comme le Disco, Madonna. Des trucs débiles des années quatre-vingt. Oui et alors ! Bien sûr qu’il fut aussi ce temps douloureux des enfants du rock transformés en peigne à cheveux dans les boums craignos des petites fans de Sophie Marceau. Ce temps des cheveux coupés en brosse et de toute autre forme de cheveux qui passe avec l'âge. Ce temps encore, et on ne l’imagine même plus ! Ce temps, oui... où la télévision n’existait pas.


La leçon d'anatomie. Rembrandt 1632

Ce temps béni où les types comme Rembrandt ne passaient pas à la télé, ni ne seraient jamais restés le cerveau collé dessus toute la journée au lieu d’apprendre contempler les viscères de l’humanité avec une âme sensible et neutre de tous liens commerciaux. Rembrandt : 600 peintures (peut être beaucoup plus... ou bien moins selon les sources, les inventaires, les listes et les tableaux de recensements officiels !) 300 eaux-fortes, 2000 dessins. Rembrandt et ses autoportraits (une centaine en tout, dit-on !) Une sorte de Blog pictural rapporté à la technique, au mode de communication de son époque à lui. Rembrandt... Sa « Leçon d’anatomie » celle du docteur Tulp, un éminent chirurgien d’Amsterdam autorisé à tripatouiller dans les entrailles d’un criminel exécuté le jour même. (Aris Kindt, 41 ans, reconnu coupable de vol à main armée et pendu cette année de 1632). Oui, bien sûr, je connaissais un peu cette toile célèbre comme tout le monde. Ce génie de la grande école hollandaise à son âge d’or. Cette leçon de peinture en clair obscur, la force du mouvement né d'une matière morte. La possibilité d’un progrès humain considérable dans la lumière d’un mort. Toute une mise en scène politique. Oui, car c’est bien sur le cadavre froid d’un criminel, d’un rebus de la société, un marginal… que le peintre fait jaillir sa lumière extraordinaire. Une provocation au moment même où le clergé romain juge Galilée pour avoir osé remettre en cause les idées d'Aristote et par là même, bafouer les saintes écritures.



Le type réfléchit un moment devant l'objectif de sa caméra de télévision (un jeune rédacteur en chef, un responsable d'émissions culturelles sur internet) : "Rembrandt, Rembrandt ?!... Une marque de télévision peut-être, un rasoir... ou un homme politique allemand ?! Ah, je... ce nom là me dit forcément quelque chose, mais... Ah oui, Brandt... Mike Brandt, un de ces types qui passaient tous ces midis chez Daniel Gilbert. Un chanteur à la mode quand mes parents étaient plus jeunes. Mike Brandt, mais je ne l'ai pas vraiment connu moi-même !"

On aurait certainement pu parler des heures d'une composition d'avant garde chez ce calviniste adepte du Caravage. Un contemporain de Rubens. ça me fait penser que je ne sais toujours pas ce qu'elle pense de Rubens ? Moi, rien... Je ne pense à peu près rien de Rubens. C'est-à-dire qu'on ne peut pas vraiment aimer à la fois Caravage et se passionner pour un type comme Rubens. D'ailleurs, on ne peut pas se passionner pour tout, comme il me semble difficile d'aimer tout le monde. Alors Rubens ! Passez moi l'expression.




MYRIAM DRIZARD




Myriam ne m'avait rien dit à propos de Rubens et tout simplement parce qu'il peut paraître incongru de parler de politique en peinture quand on ne connaît pas encore assez bien les gens.

Je me souviens que Myriam révisait sa "leçon" avant l'interview. "Ne rien dire, mais surtout ne rien montrer". "En dire un peu si c'est vraiment obligé. Mais surtout ne rien montrer. Garder le silence total sur le mouvement des corps, leur mort présumée."



VIDÉO RÉALISÉE POUR L'EXPOSITION DE M.DRIZARD/ 2006
(MUSIQUE DE JULIEN LOURAU/THE RISE)


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