mardi 22 mars 2011

JEAN-CLAUDE BOURGEOIS




Néon™ est très triste de devoir vous annoncer
le décès de l'artiste peintre Jean-Claude Bourgeois
le 19 mars 2011 à Ornans.



JEAN-CLAUDE BOURGEOIS, PEINTRE DE LA COMTÉ.
Une fresque filmée en 4 épisodes.
RÉALISATION ©JL GANTNER



BOURGEOIS DE LA COMTÉ - I


BOURGEOIS DE LA COMTÉ - II


BOURGEOIS DE LA COMTÉ - III


BOURGEOIS DE LA COMTÉ - IV



voir les articles consacrés au peintre dans le Journal de Néon™...
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / INTRODUCTION
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / I
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / II
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / III
"BOURGEOIS" DE LA COMTÉ / IV



vendredi 18 mars 2011

MYRIAM DRIZARD AU MUSÉE COURBET



MYRIAM DRIZARD ACCROCHE AU MUSÉE COURBET
(FERME DE FLAGEY)


On venait d'annoncer à la radio la possibilité d'une résolution au conseil de sécurité de l'ONU pour envoyer des avions de guerre au dessus de la Libye. L'idée "française" d'obtenir un passeport diplomatique propre à défendre coute que coute les enclaves insurgées de Benghazi ou de Tobrouk.

C'était le jour où la planète entière avait les yeux rivés sur le Japon après que le pays du soleil levant eut à subir la pire catastrophe depuis les bombardements d' Iroshima et de Nagazaki. Un séisme d'une amplitude phénoménale suivi du Tsunami le plus grave jamais éprouvé dans une région accoutumée au confort moderne et à la technologie dernier cri. Des images "fascinantes" qui tournaient en boucle sur des milliards d'écrans et sans épargner la moindre surface du globe. Le jour où la terre entière eut à retenir son souffle face à l’image abasourdie de cette centrale Fukushima Daiichi sur le point d’exploser.



DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


C’était, oui… le jour où des spécialistes en tout genre tentaient de nous faire partager leurs maigres connaissances à propos d’un modèle de cœur en danger d'un genre nouveau, capable, de dégager une énergie considérable dans la lueur fragile d’un ciel étoilé. Un cœur sombre en vérité. Un genre de cœur glauque, fissible dans les tempêtes solaires, les raz de marée et nos amours enfuis. Des tonnes de matière aliénée baignée dans un grand rayonnement ionisant de couleur verdâtre. Une chaleur torride dans la posture d’une figure triste courbée sur l’échine de nos nuits paniquées. L’asphyxie programmée du monde sensible et ses effets pervers sur le rayonnement solaire. La figure immonde d’une armée d’alternateurs déréglés et leurs sales bobines toutes entières précipitées. L’équation tragique d’un monde ultra pressé pour recouvrir le lit de nos amours dérobés. Tout crépitait ; une pluie de formules mathématiques délétères pour conjurer nos éternelles dérobades ; nos vaines excuses, nos sempiternelles échappatoires.
Voilà, le décor, le contexte de turbulence… Cette forme de liens indissociables qui nous unit au chant céleste et à la fureur du monde terrestre… Oui, voilà ces funestes cohortes… ces hordes opaques… qui me raccrochèrent ce jour-là, à la couleur de quelques traces artistiques majeures dans le ciel tranquille du pays de Courbet.



DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


Des traces, comme les empreintes indélébiles d’une tribu de corps perdus ; des carcasses enflammées, des meutes de paysages en mouvement. Une armature colossale de questionnement direct sur l’origine du monde et l’impossible image de sa finitude. Une peinture « capitale », au sens où l’artiste ne nous impose rien, mais s’impose d’elle-même à notre champ de propensions sensibles au-delà de toute forme de mode ciblée ou d’engouement gratuit. L’audace et la singularité de Myriam Drizard s’installent pour deux mois dans la maison Courbet à l’invitation de son conservateur avisé, comme aucun génie de l’époque ne saurait mieux y séjourner. Aucunement dans l’attitude un peu vulgaire d’un de ces impudents propriétaires du temps, mais plutôt dans cette belle contenance feutrée d’une locataire qui remplit de fierté une demeure réputée. La résidante désirée, par filiation de quelque orientation intellectuelle ou philosophique avec l’ancien et glorieux maître des lieux.



DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


MYRIAM DRIZARD ET FRÉDÉRIQUE THOMAS-MAURIN (CONSERVATEUR)
DEPUIS UN TÉLÉPHONE PORTABLE / © JL GANTNER 2011


La quintessence d’un immense carnet de poésie rempli d’une énergie « résiliente » campe l’architecture de la maison familiale de Gustave Courbet. Un accrochage voulu comme le résultat « obstiné » de 15 années de peinture. Une fournaise nucléaire. Une tension prodigieuse stoppée nette pour permettre au spectateur de mesurer la taille du prodige à l’aune de son temps figé. Le repos après la bataille… L’instant, si émouvant des forces arrêtées, commuées en marques charnelles et définitives. Tout ce que l’on garde de précipices dans les yeux pour ne rien entendre de l’esprit qui s’effondre.

L’œuvre… —et « l’adjectif » ici n’est pas galvaudé— est une œuvre/itinéraire sculptée à l’intérieur d’une chambre à combustion naturelle nourrie de réponses imparfaites. Une œuvre/voyage dans la géométrie des surfaces sensuelles. Une œuvre comme un effleurement de matière céleste dans la rugosité des masses nécessaires. Une œuvre… comme celle de ce marcheur biblique reclus dans son désert volontaire, et qui ne s’épargne rien du poids des temps qu’il traîne avec lui. Un fleuve et son ambition circonscrite à son objet principal, non celui de déboucher quelque part, mais celui d’irriguer des terres qu’il partage chaque jour avec la lumière.
JEAN-LUC GANTNER




©France Télévision 2011



MYRIAM DRIZARD À LA FERME COURBET / FLAGEY / JUSQU'AU 30 MAI 2011

Au centre

MYRIAM DRIZARD (VIDÉO) DANS LE JOURNAL DE NÉON™ / 2007





mardi 15 mars 2011

LILI ET DONOMA


Les tribulations cinématographiques de Lili...

Choisit-on vraiment d'aimer ?




LILI GANTNER ET BUSTER ADAMS /95 BEAUMARCHAIS © DJINN CARRÉNARD


Lili sur les planches ou Lili au cinoche… Bon, et bien voilà qu'après une année passée sur la scène de quelques théâtres de poche parisien en marge de ses heures perdues à tenter d'en découdre avec des études de civilisation anglaise à Paris IV, la demoiselle décide maintenant de croiser la route d'un batteur de hard corps en pleine séance de "masterisation", et de jouer la comédie pour la caméra d'un jeune réalisateur étonnant/détonnant.



DJINN CARRÉNARD, RÉALISATEUR

Djinn Carrénard a fait le détour par le festival de Cannes en 2010 sur l'invitation de l'ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Un tapis rouge pour un metteur en scène carrément doué avec sa caméra nouée autour du cou à la place d'une cravate tendue à partir du nombril. Le genre de type qui n'a pas froid aux yeux malgré les Ray ban™ qu'il a oublié se s'acheter, et qui préfère la chaleur torride des projecteurs naturels pour cramer les paupières des gens blasés. Du cinéma comme une certaine télévision d'aujourd'hui n'aimerait plus en faire… (ni en fer… ni d'aucun autre métal non plus qui permettrait pourtant de se la péter sévère sur un podium olympique de la discipline !) Du cinéma qui casse la baraque sans effet de foire, ni pompon à attraper au milieu de la séance. Un cinéma dans lequel Djinn est à la fois scénariste, metteur en scène, Directeur de la photographie, opérateur de prises de vues et chef monteur. Le tout avec un résultat… Tout simplement désespérant pour les lourdes machineries convenues de quelques tour operators corporatistes, sectaires et péremptoires… d'une profession audiovisuelle ; Oui, quand même un peu larguée ces temps derniers (et pour rester un instant sur le terrain d'une sorte de télévision à papa qui prétendrait détenir le savoir incontestable d'une bonne image, de la meilleure image qu'il faut faire pour contenter son actionnaire ou satisfaire à ses obligations de service public pour pas trop cher… D'une belle image bien statique et tout ce qu'il faut de parfaitement convenu pour ne pas trop déranger non plus. Une bonne petite image à sa mémère a refourguer chaque jour à ses gentils clients bien sages et propres sur eux. Ahhh, la télévision !… Cette sacrée"camelotte" qui infuse dorénavant jusqu'à la mémoire vive de nos chers téléphones portables, au lieu d'une paire de lignes obscures d'un Monsieur Flaubert par exemple, ou d'une bande muette de Murnau… De leurs effets indésirables sur la santé de l'économie générale. Pouahhh !…

Oui, voilà. Préférez donc un grand écran, dans un modèle très "Indépendant" au lieu d'une plaque au plasma qui laisse des traces indélébiles dans le décor tragique de notre environnement moderne. Un écran large aux côtés incertains. Un écran large pour pouvoir étaler nos idées neuves et une belle palette de couleurs vives par dessus. Un écran large d'esprit, et sa profondeur de champ un peu floue pour ne pas chercher à tout comprendre tout de suite du temps qui passe à ne plus rien lire ou à ne plus rien voir vraiment dans le chant triste des étoiles filantes.


"On a fait ce film un peu de la manière dont il ne faut pas faire des films"



JINN CARRÉNARD, RÉALISATEUR

"On a fait ce film un peu de la manière dont il ne faut pas faire des films" dit Djinn à propos de son travail. Voilà bien cette manière qui rapproche cet artiste, ce nouvel enfant prodige du cinéma français, d'un Godard pétrifié dans ces années soixante comme un photon s'agite sur son chant électromagnétique primordial. (Hé, Jean-Luc ! Sors un peu de ta vieille carcasse toute moisie qu'on discute un peu d'un gars qui vient de tout comprendre du cinéma que tu avais inventé.) Djinn… ou le truc d'un type incrusté dans son époque parce qu'on avait aussi un peu oublié de l'y inviter. "J'étais seul pour cadrer. Alors au lieu de m’échiner à faire le point le plus vite possible, ce qui aurait rendu plus flagrantes mes difficultés, j’ai tenté de placer la mise au point dans le registre de cette caméra comme intrus voyeur, en créant un rythme assimilable aux émotions ressenties par cet intrus. On retrouve ainsi une vision de caméra qui nous rappelle des vidéos vues sur Internet par des reporters populaires qui filment à la volée une action qui ne se passera qu’une seule fois". Quand je vous parlais de ce Vieux Godard !... Djinn ou le truc du grand reporter de guerre qui viendrait nous parler de l'amour des gens avec sa caméra à l'épaule et ses yeux brillants.

Une pépite cinématographique au budget pharaonique de "150€". Pas un sous de plus explique l'équipe. Une équipe… ou parlons plutôt d'une bande de comédiens éprouvés à la technique de l'improvisation. Une des clés qui fait le charme incomparable de Donoma.

Le cinéaste et peintre Joël Brisse dit à propos de "Donoma" que le film est "enthousiasmant, inventif et maîtrisé". "Ce jeune réalisateur, écrit l'auteur de "Suite parlée" déambule dans les destins de ses personnages et mine de rien, en toute liberté, pose les questions fondamentales à toute existence". Le rapprochement certain d'un Cassavetes s'il fallait en passer par quelques comparaisons académiques. "Un théâtre fait d'incertitudes et de réactions à fleur de peau" lit-on dans un article publié dans la revue Africultures. Bref ! Une bombe sous la forme d'un huit clos que personne n'avait jamais osé filmer comme ça. Un écran total pour se protéger des coups de soleil faciles et de la lumière ostensible des machins à réaction. Djinn Carrénard dont je me disais aussi qu'il ne travaillerait jamais à la télé. Où alors pas tout de suite. Ou alors dans longtemps…
Néon™


mercredi 9 mars 2011

TUNISIE / PORTFOLIO 1



J’avais d’abord prévu d’écrire un papier sur Job. "JOB" Pas le papier clopes… Mais plutôt "cet homme intègre et droit". Cette figure biblique d’un vieil homme frappé de toutes les calamités du monde tangible par « la grâce » de Dieu, qui ressurgit sous la plume de Pierre Assouline. Ce journaliste, écrivain, blogueur dont « il faut avoir lu » l’inévitable bio d’Albert Londres ou celle de Cartier Bresson… Une séance d’exégèse ou de philosophie pour en finir un peu avec l’activité physique à outrance et les romans chronométrés d’un hiver un peu long. Ce Job… et tout son boulot qu’il doit faire sur lui pour résister à la tentation d’abandonner sa quête spirituelle un peu obsessionnelle quand même ! Bon. Et allez savoir pourquoi ce Job m’a ramené à la Tunisie ? À un voyage en 1994 (pour le boulot comme on dit justement !) Un tournage de plusieurs semaines accompagné de Marie Ange Nardi et d’Olivier Mine. Oui, voilà ! (Les présentateurs vedettes de la télé…) des véritables stars dans les rues de Tunis, de Tozeur, à Kairouan ou à Tabarka… Toutes ces villes où nous ne pouvions faire un pas sans subir les assauts plutôt sympathiques d’ailleurs, de plusieurs centaines de fans assidus à des programmes comme « Pyramide ». Des jeux « culturels » diffusés sur France 2 et reçus dans tout le Maghreb à l’époque. Oui, Juste avant que les satellites libertaires du monde entier ne finissent par envahir les modes de réflexion hertzienne très… encadrés. Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça ? Juste une image qui me revient en mémoire. Un simple jeu de l’esprit.



TUNISIE / PHOTO © JL GANTNER 1994



Le souvenir d’un voyage en Tunisie et dans quelques hôtels de luxe où il m’arrivait de piquer des serviettes de bain plutôt que de revenir chez moi avec un tas de souvenirs idiots à distribuer. Le décor des mille et une nuits au Tamerza palace****. Quelques heures de repos au milieu du tumulte, dans une architecture de rêve construite en plein désert sur les ruines d’une ancienne oasis tout près de la vaste plaine saline du Chott el-Jérid ; le tout (et y compris les draps de bains...) réglé par le ministère du tourisme et un tour opérateur dont j’ai perdu l’adresse depuis le mois de janvier dernier… Une sorte d'échange de bons procédés comme on le pratique quelquefois dans quelques officines gouvernementales !
Le désert… en passant par la journée de la femme de ce 8 mars 2011, et de la rencontre à Montbéliard avec Madame Aïcha Ech-Channa, présidente de l’association Solidarité Féminine de Casablanca et pionnière du planning familiale au Maroc. Des femmes en lutte pour leur émancipation sur l’autre rive de la Méditerranée Au Maroc… comme en Tunisie, comme en Algérie, comme dans l’ensemble du monde arabo musulman d’une manière générale. Un tour de l’esprit qui ne se satisfait jamais tout à fait des ronds dans l’eau et tout ce qui dort derrière les jardins d’Eden un peu simplistes.
Néon™




dimanche 20 février 2011

TRANSJURASIENNE 2011 / LE FILM




LA TRANSJU (2011) / LE FILM


On m’avait d’abord parlé de ces paysages à couper le souffle… Une montagne et son relief plutôt paisible sur la route des Alpes. L’hiver, terrible ; les records de froid dans les forêts et sous les crêtes du massif. Un Jura typique enveloppé dans son immense manteau blanc. Le cliché, parfait… Juste avant d’en découdre avec une course, considérée comme une véritable légende dans l’histoire mondiale du ski nordique….
Une épreuve d’endurance organisée depuis plus de trente ans, entre le village de Lamoura dans le Jura et la commune de Mouthe dans le Haut–Doubs. 76 KM à parcourir les skis aux pieds ; une distance mythique pour les amateurs de sensations fortes.


Dans la Transju / Le film


VOIR LE FILM DIFFUSÉ DAS LE CADRE DE L'ÉMISSION "SAMEDI PREND L'AIR"
© FRANCE TÉLÉVISION 2011

RÉALISATION Jean-Luc Gantner
IMAGES Raphaël Doumergue
IMAGES EMBARQUÉES JeanLuc Gantner
IMAGES ADDITIONNELLES Florence Petit, Laurent Brocard, Lydie Marlin
SON Pierre Mayayo, Karl Monnin
MONTAGE Alexandre Baudrand
MIXAGE Thomas Hardy
DÉLÉGUÉ RÉGIONALE D'ANTENNE Sophie Guillin
CRÉDIT ©FRANCE TÉLÉVISION 2011


MERCI À
Jean-Pierre Henriet et tous ses élèves à l'école de Prémanon... ; Philippe Nicod et les "Jeunes spatules" du Ski Club de Verrières-La Cluse et Mijoux ; Laurence Cordier du ski club du Mont noir ; Didier Coulinges du chalet La Perruque au Pré-Poncet (Le mec qui bosse sur les skis des copains même après minuit...) ; le peintre décorateur Pierre Vandel (un sacré coup de pinceau pour repeindre les pistes !) ; La famille Vandel au grand complet dont Yvon, Mehdi et Loic qui m'ont appris à fabriquer ces skis à la main, même si je n'ai pas tout retenu ; Sophie Gilibert et tout le service de presse de la Transju ; Guillaume Nery et Christophe Lyonnard (On se fait une vraie plongée à Nice bientôt, promis ! Mais pour ma part j'amène mon respirateur électronique toutes options...) ; Sébastien Lacroix et toute sa famille pour leur l'accueil tout... bois d'Amonier (et quand même aussi un petit peu pour le Macvin...) ; Agnès Eksterowick, la dame de Haute-Savoie et son chauffeur de bus un peu fatigué...) ; Le sourire et la patate de Robert Bresson ; les rois du fart Sébastien Huguenet et Louis Pagnier (Murer sport à Morez) ; Camille de Lausanne, pour son cours de repassage ; Des gens qui skient dans le noir comme François Mandil, faucheur quand même un peu "sans gène" mais qu'on aime bien quand même... ; Rosalie Bertin-Denis (la fille qui s'occupe super trop bien des bébés...) ; Anne-Laure Baud, qui aile trop la "liberté" ; Antoine Nicod, qui préfère les röstis ; ou Vincent Goumon et son tam tam démoniaque ; un aubergiste à Rochejean qui oublie les morilles dans la fondue à cause de son chat un peu feignant sur les bords... ; l'incomparable Gérard Menu de Metz (qui doit certainement être retourné dans son frigo à l'heure qu'il est !) La fille aux cheveux orange... (et sa jupe aussi ! Une vraie motivation pour tenir le coup dans les derniers kilomètres.) Tous ceux-là et et tous ceux que j'ai oublié en route. Merci encore et à un de ces jours comme on dit.
JL Gantner




samedi 19 février 2011

TRANSJURASSIENNE 2011 /3





HAUT-DOUBS - LE LAC DE ST POINT 02/2011
PHOTO © JL GANTNER



vendredi 18 février 2011

TRANSJURASSIENNE 2011 /2


MAKING OFF


À vrai dire, la neige manquait un peu cette année… Mais l’atmosphère du paysage et la chaleur « humaine » des gens du haut a largement compensé ce premier désenchantement. Un décor pour le moins insolite et des rencontres tout au long du parcours que l’on n’est pas prêt d’oublier. Anne Laure, Rosalie, François, Vincent, Antoine… Cette soirée culturelle d’abord… concoctée par François et son côté quand même un peu tête en l’air d’avoir oublié la neige pour commencer le tournage. Bon, passons pour cette fois, mais qu’on y revienne plus ! L’idée de faire connaissance dans un des endroits les plus reculés de la terre. Génial ! Juste quelques planches réunies autour d’une cheminée sous le Mont d’Or, et le parfum d’un Comté d’au moins dix ans d’âge pour accompagner les morilles sauvages. Un p’tit blanc du Jura plutôt onctueux pour se parler sans retenue et voir les yeux des gens pétiller à la lueur des bougies. Un début de tournage un peu dur j’en conviens.




TOURNAGE LA VEILLE DE LA COURSE SOUS LA FORÊT DU RISOUX
RAPHAEL DOUMERGUE & PIERRE MAYAYO
PHOTO © JL GANTNER

Quelques jours plus tard, J’ai retrouvé Vincent sur la piste de l’épreuve, disons à une dizaine de kilomètres du départ. Vincent jouait du tam tam au milieu de nul part alors que j’en bavais dans une montée interminable de la forêt dite du « Massacre »… On a bu un thé ensemble sur le bord d'un chemin de gel hallucinant, et discuté d’une sorte de coq de bruyère qui loge dans le coin pour faire chier les skieurs l’hiver. Je ne sais pas si vous voyez un peu le tableau d’un type fringué en skieur de fond avec une caméra accroché sur le sternum, en train de siroter son thé vert brûlant au milieu de nul part… Le tout sans se rendre compte que cet imbécile de journaliste de la télé régionale en couleur a les pieds plantés dans le nid d’un piaf en forme de poule toute noire qui fait tremblé toute la région depuis le début du week-end !

Un peu plus loin, un charpentier a continué de me renseigner sur la bestiole en question. Un oiseau mythique des hauteurs jurassiennes, comme une marque de fabrique locale qu’on imprime sur les boites à fromage. Une sorte de pygargue bien planté sur son drapeau américain, transposé en logo d’une culture traditionnelle rurale qui ne sait plus toujours sur quelle aile continuer de danser entre des problèmes de réchauffement climatique de plus en plus récurrents et la réalité économique d’un tiroir caisse qu’il faut bien continuer à faire fonctionner. Bref ! Comment vous dire ? Le type et son allure de vrai bûcheron détendait les épaules des coureurs sur le ravitaillement de la Darbella avec ses mains calleuses de scieurs des bois et ses yeux de prune sauvage gorgée de sucre pour nous parler de ses montagnes et de toute la nature qui dort dedans toute l’année… Un oiseau un « peu lourdaud, et qui attaquerait les touristes au printemps à cause de la sève des sapins dont le piaf raffole ». Le grand Tétras… shooté à la résine d’épicéa… et qui n’arrive plus à se souvenir de son nom même quand on lui demande poliment… Vous voyez un peu le travail ! Bon pour tout vous dire, je l’aime bien moi ce grand machin qui fait le paon au milieu des myrtilles et qui pique le cul des clients au printemps. Ses yeux rouge comme les peintures de guerre d'indiens. Les yeux d’un tas d’espèces menacées un peu partout sur la terre. Oui, voilà, je l’aime bien le grand Tétras, moi... Comme j’aime bien la montagne, les forêts du Jura, la bière des Rousses et les blondes, et puis quand même aussi le ski... Comme je vous le dis.



TIME LINE DU FILM DE LA TRANSJURASSIENNE 2011
PHOTO © JL GANTNER




Pour le reste… Une sacrée soirée à Bois d’Amont avec la famille Lacroix. Toute une famille de sportifs de haut niveau. Le truc du gars le plus fort du monde en forme d'un gêne transmissible de père en fils. Pas un seul de la bande pour rester à la buvette au lieu d'essayer de remporter une médaille à la maison ! Une soirée initiatique toute Bois « d’Amonesque » la veille de la course, comme le prétexte d'une plongée au large de la côte niçoise avec Guillaume. L’euphorie des profondeurs et du Macvin mélangés. Cette journée aussi, avec Jean-Pierre Henriet et tous ses élèves à l’école nationale de ski nordique, sous un ciel… un p'tit peu« niçois » lui aussi. Une météo « balnéaire » sur les pistes des Rousses. Un caméraman frigorifié et son ingénieur du son transi au petit matin sur les rives du lac des Rousses. Le truc de se récupérer un bon rhume juste pour trois secondes de film. (Mais si elles sont belles tes images, mon p'tit Raph ! C’est même Sophie qui l'a dit, alors tu vois !) Deux types embarqués sur un bateau de sauvetage qui manque de prendre l’eau de partout à cause du manque de neige un peu voyant sur les images… Deux matelots frigorifiés et un troisième qui voudrait qu’on rame encore, juste l’histoire de voir où ça mènera à la fin. une épopée.


Des heures de navigation à vue, entre les annonces d’annulation possible de la compétition et les changements d’itinéraires répétés. Les caprices météo et tous ceux que nous avions filmés, dans l’expectative, avant qu'ils renoncent finalement à prendre le départ. Des convictions que je respecte bien sûr. Le droit tout de même, à l'observation de quelque éthique à propos d’une nature fragile et de ceux qui la peuplent, dont il faudra bien finir un jour par parler en marge de tout intérêt partisan. (Et c'est tellement facile à dire comme ça !)

Pour le reste, oui… Des changements d’objectifs qui finissent par miner le moral des équipes sur le terrain. (Et je vous jure que « la mine » dans le service public, on connaît !... Je veux dire la mine des matins blêmes, la p’tite mine des jours gris, la mine générale des jours de brume un peu forte pour la saison…)

Des équipes au taf aux premières heures du jour pour essayer de convier le plus grand nombre de spectateurs à la fête, l’événement du ski nordique en France, une des plus grandes fêtes populaires de la région.Tous les gens sympas sur le parcours… Pas un grincheux, pas un rabat-joie. Rien que de la bonne humeur sous les skis et devant l’objectif de la caméra.




Pour finir... Cinq jours avec Alexandre aux manettes d’un montage supersonique. Une vraie course contre la montre pour terminer dans les clous le jour J, à l'heure H. Un final sur les chapeaux de roues avec Thomas au commande de son navire amiral audiophonique. Seize heures de boulot la veille de la diffusion, et la libération pour toute l’équipe à deux heures du matin, comme une deuxième ligne d’arrivée à franchir. Une séance de ski en mode « freestyle » dans la dernière bosse d'une piste noire verglacée et sans plaquettes de freins pour espérer se retenir aux piquets.


ALEXANDRE BAUDRAND AU MONTAGE
(18/02 à 20 heures)
PHOTO © JL GANTNER

THOMAS HARDY AU MIXAGE
(19/02 à 1 heure du matin)
PHOTO © JL GANTNER



TRANSJURASSIENNE 2011 /1




HAUT-DOUBS - LAC DE ST POINT 12/02/2011
PHOTO © JL GANTNER

HAUT-DOUBS - LAC DE ST POINT 12/02/2011
PHOTO © JL GANTNER

HAUT-DOUBS - LAC DE ST POINT 12/02/2011
PHOTO © JL GANTNER

JURA - LA FORÊT DU RISOUX 13/02/2011
PHOTOS © JL GANTNER

JURA - LA FORÊT DU RISOUX 13/02/2011
PHOTO © JL GANTNER


samedi 5 février 2011

LE PANOPTIQUE DE NÉON™ / VIII




LE "PANOPTIQUE" PERSISTE DANS LE JOURNAL DE NÉON™.
UNE RUBRIQUE RÉGULIÈRE POUR DÉNICHER DES RÉFLEXIONS, DES MORCEAUX D'ESPRITS...
UNE SORTE D'ANTIMANUEL RÉCURENT DES PIPE-LINE DE LA PENSÉE DIRIGÉE.


PHOTOMOBILES™/JL GANTNER - "VICTOIRE SUR LA LIGNE /1"
(ESQUISSE SUR AGENDA)


"Ce n'est pas seulement notre ignorance, c'est aussi notre connaissance qui nous aveugle"

La voie /Les réformes pour le XXIe siècle
(Texte d'Edgar Morin version mars 2010)


vendredi 4 février 2011

LE CLIP DE VINCENT...


CLARA YOUCATAN - LA CHANTEUSE DE DOUCHE

L'histoire d'une jeune chanteuse qui sait se rincer les cheveux avec un pommeau de douche, et des images qui sentent bon les bulles de savon. Le clip est de Vincent Vernier. Vincent, mais si !... Le Vincent de la télé qui fait aussi de la course à pied. Un mec à fond dans les côtes et qui ne se retient jamais dans les descentes. Le genre de type inscrit sur le Trail des Forts (une course pour matelots bien entraînés, du côté de Besançon)... et qui ne lâche rien avant la ligne d'arrivée même sous des trombes d'eau. Un coureur de douches, quoi !... Mais pas le genre de type qui prend l'eau de partout sans savoir quoi en faire à la fin. Un type qui sait quoi faire de son rideau de bain et de sa serviette éponge après le boulot. (À VOIR ABSOLUMENT !)


mercredi 26 janvier 2011

FINISSAGE



DÉCROCHAGE DE PHOTOMOBILES™
À LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE BESANÇON
(Fin d'exposition)






















PHOTOGRAPHIES © JL GANTNER 2011





VISITEZ LE SITE DES PHOTOMOBILES™



mercredi 15 décembre 2010

BARRY UNDERWOOD


PORTFOLIO



© BARRY UNDERWOOD



VOIR LE SITE DU PHOTOGRAPHE BARRY UNDERWOOD

vendredi 10 décembre 2010

RENCONTRES D'AUTOMNE


Lien
Je ne sais pas vous ? Mais depuis quelques jours, j’ai quand même un peu de mal de décrocher d’une playlist de Benjamin Biolay. Trois, quatre titres en particulier que je me passe en boucle sur mon vieux Power book™ tout usé. « La superbe », « Brandt rhapsodie », « L’héritage », « Mélancolique », « Tout ça me tourmente », « Sans viser personne »... C’est-à-dire que l’album détonne tellement au milieu de cette « nouvelle chanson française » comment dire ?!... Peut-être un peu triste, parce que tout de même un peu crémeuse et si convenue aussi ! (le côté business un peu moche des trafics d’âmes et de toute la musique facile qu’on peut poser dessus pour se défoncer les neurones aux parts de marché, s’exploser le cerveau aux bénéfices nets).





Benjamin Biolay... Depuis ce début de mois de décembre un peu déroutant côté ciel gris avec toutes les saloperies qui traînent dedans (la démagogie politique, en creux d’obligations bancaires auxquelles plus personne ne comprend rien ; l’hypocrisie des tribunes ; le conformisme médiatique en général). Benjamin Biolay. Bon d’accord, le type est accro aux opacités de Bashung et à toutes les noirceurs de Gainsbourg ; à Miossec et à Dominique A aussi. Enfin tout ce qui ressemblerait un peu à quelque chose au-delà des fluctuations radiophoniques standardisées depuis au moins vingt ans. Putain, vingt ans !... comme le temps passe, et qui ne m’évoque rien de bon pour ce qui doit suivre encore sur le terrain des idées molles et des marches arrières forcées. Benjamin Biolay qui « ne vise personne » mais si quand même un peu ! Toutes les formes d’esprit ressassées, l’industrie du plaisir immédiat ; une certaine forme de vulgarité pour finir. La pornographie des sentiments vagues. Mais bon, passons. Juste pour évoquer encore et en contrepartie... cette diffusion dernièrement sur arte, d’un film d’animation réalisé par le metteur en scène israélien Ari Folman. « Valse avec Bachir ».



Cette « bande » en forme de ruban sublime et pudiquement intraverti pour parler du massacre de Sabra et Chatila en 1982 pendant la guerre du Liban. Ari Folman faisait alors parti du corps expéditionnaire de Tsahal dirigé sur Beyrouth au moment des faits sanglants perpétrés par les milices libanaises de droite. Une véritable nausée. Le film est une enquête documentaire fabriquée sur le mode du dessin animé. (Qui aurait pu oser ?) Des véritables coups de crayon de couleurs noir et jaune sur le ton onirique, celui d’un rêve comme autant de cauchemars qui persistent. Une grâce dont seul peut-être « Persepolis » de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi avait déjà fait preuve en 2007, l’histoire de la petite Marjane qui commence en 1979 à Téhéran, juste avant que tout ne finisse par basculer dans l’absurde. « Valse avec Bachir » comme un chef d’œuvre du genre. Un coup de cinéma magistral et une bande son comment dire... un concerto de Bach, une sonate de Schubert, une valse de Chopin juste après Orchestral Manoeuvre in the Dark.
Pour le reste. Une rencontre à la fac de lettres de Besançon avec Philippe Brunet, Helléniste et professeur de Grec ancien pour sa nouvelle traduction de « l’Iliade ».



« Homère... à la télévision ». On n’avait jamais vu ça ! (Encore une idée de mon libraire préféré après son coup fumant d’un Levy-Strauss et d’un Jünger dans la Pléiade...) Homère. L’histoire d’un poète qui écrivait « avec ses pieds. » Dit comme ça, l’idée pourrait prêter à confusion. Mais voilà bien cette sorte de réalité, selon Philippe Brunet, qui doit dorénavant s’imposer dans la lecture d’une tragédie antique. Comprenez par là, l’idée d’un geste émouvant, considérable à l’attention du corps, ce corps rétabli comme instrument principal de nos envoûtements lyriques. L'iliade et le prétexte d'une autre rencontre avec Françoise et Jean-Marc Quillet (respectivement prof de lettres et d'art dramatique). un rendez-vous plein de promesses de voyages, autour d'un verre de Cahors élevé comme il faut.
Quoi d’autre ?...



« Into the wild » de Sean Penn, revu dans les conditions d’un écran réduit à une petite lucarne familiale et récemment connectée à une TNT un peu défaillante les soirs de pluie. L’histoire vraie d’un étudiant américain qui décide un jour de faire la route au lieu d’un destin tout tracé. L’embuscade possible d’un Kerouac bien sûr ! Magnifique. La musique est d'Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam. Une plongée radicale dans la littérature wilderness américaine. Norman Mc Lean bien sûr... Larry Watson, Rick bass... L'école du Montana (le Big Sky Country). C'est Robert Redford qui le premier avait largement contribué à faire connaître ce style "Wild" avec le film "Et au milieu coule la rivière". En France, Un éditeur d'origine bretonne, Olivier Gallmeiter s'intéresse depuis quelques années à découvrir le jardin secret d'écrivains comme David Vann ou Pete Fromm. Des auteurs jusque là, totalement inconnus en Europe et dédaignées des grandes maisons d'édition françaises. Le dernier chapitre d' « Into the wild » laisse également planer ce sentiment d'un « Last day » de Gus Van Sant. (le récit halluciné des quelques jours qui amenèrent le chanteur Kurt Cobain de Nirvana jusqu'à son suicide).

Et puis cette autre rencontre encore, lumineuse, avec Jean Dupuy devant sa machine à poussière de 1968. (Des microparticules en suspension dans une boite toute rouge). Un des inventeurs de « la performance artistique » dans les années soixante-dix.



Le garçon né à Moulin en 1925 s’est exilé longtemps à New York pour échapper au conformisme et à la morosité française de l’époque, déjà ! L’artiste a fréquenté la Factory d’Andy Warhol, discuté du chant des étoiles avec Rauschenberg, John Cage en personne ou Lichtenstein. Dupuy à la télé... (Le gros coup, cette fois, d’un Laurent Devèze, patron de l’école des beaux-arts de Besançon, en très grande forme cette année. Le monsieur est entre autres, agrégé de philosophie, critique d’art, et s’est occupé longtemps de culture dans les plus hautes institutions françaises à l’étranger).



Des artistes, comme Gilles Picouet et son « Dédale » de plusieurs tonnes installé dans la cour du musée du temps ; pendant que Nicolas Floch' faisait bouger ses plantes vertes dans l'air un peu inquiétant d'un hangar ouvert pour l'occasion aux touristes du Zoo. Deux artistes d'importance qui ont bénéficié d'un mécénat exceptionnel de la part des Ateliers Mantion installés en Franche-Comté. (Le spécialiste mondial des montures et rails de roulement). Des rencontres... comme autant d’apartés sensibles au milieu du bruit et d’un tas causeries vaines entre nous.
NÉON™